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Expédition Aphrodite’s child 2 (celle d’après la mort de Demis Roussos) Février 2015-04-30

Le périple commence vers Paphos où nous logeons pour 2 nuits. Avakas gorge entrevue mais pas prise du bon côté pour parcourir la partie vraiment canyon.

Proche du littoral, des porches ne sont que des formes d’érosion  superficielles, à l’allure de taffonis. Théo Savoi, Sarah Wigmore et Bernard Chirol retournent sur les sites à Sea-caves de Pegeia, esthétiques, déjà vus l’an dernier. Quelques belles formes d’érosion. La mer est agitée et l’ambiance est sauvage, sans touristes à cette période.

Après avoir visité la cité antique de Kourion, puis le village vieux de 9000 ans de Choirokoitia, nous repérons d’autres porches civilisés à l’entrée est de Paphos. La pluie est là et nous reviendrons de jour, au sec.

Ensuite, départ pour Larnaka avant de rejoindre le groupe créé durant l’été 2014, au nord,. En route, nous passons par Kakkanista gorge, où des fossiles marins témoignent du soulèvement récent de cette région. Nous sommes légèrement au sud de Nicosie et nous passons la ligne verte. Les collègues nous attendent pour aller inspecter une zone de perte de Cihangir signalée dans la littérature karstologique chypriote, comptant moins de cinq références.

Le gypse Messinien est très érodé par les écoulements modestes malgré l’humidité de février. Mais ici, le karst fonctionne, avec des colmatages anthropiques car nous sommes sur la plaine agricole de la Mésorée. Ensuite, nous retournons sur la commune de Kalyvakia (Kalavaç) pour retrouver Muhtar Omer Merakli, avec Salih et Lauren.  Le projet va au-delà de la création d’un groupe, le tourisme est clairement visé par le Maire et ses amis. Nous avons d’ailleurs fourni l’an dernier un rapport sur ce qui peut-être amélioré pour la seule grotte aménagée de l’île, ouverte à la visite à Cinarli (Platani). C’est Incirli cave (ou du Figuier).

Nous visitons dans ce secteur des collines gypseuses qui renferment de nombreuses petites grottes, certaines à désobstruer et une plus vaste, topographiée cette année ensemble sur 82 m.

Dans une faille formant grotte, je fais connaissance avec la roussette égyptienne, frugivore.

Les paysages autour sont grandioses, ouverts et dominant la Mésorée.

Le lendemain, après un retour à la grotte du Figuier, topographiée sur 300 m en 2014, nous quittons ce groupe pour rejoindre avec des amis locaux le sommet de la chaîne de Kyrenia où un minuscule orifice nous attend. On sonde profond mais finalement, ce n’est qu’une pente raide qui nous conduit vers de gros volumes esthétiques qu’il faudra topographier. Une équipe est cependant venue ici avant nous et a laissé une vieille corde à linge en guise d’assurance toute psychologique…

Nous sortons tard, à la nuit, après avoir eu des giboulées !  Nous finissons la soirée au pub pour discuter de l’avenir spéléo à Chypre.

Le vendredi 13 février, nous repartons au sud pour explorer avec Haris Nicolaou, gardien des richesses naturelles, notamment de la faune de la République de Chypre. Nous atteignons enfin la grotte du Cap Pyla recherchée l’an dernier. Beau site, les niveaux inférieurs battus par la houle, il fallait viser entre les vagues pour y entrer. En haut, un boyau agrémenté de quelques salles donne une centaine de mètres à la cavité, fossile.

Nous avons visité, en lien avec ce secteur, le Thalassa Museum d’Agia Napa qui renferme de belles vitrines sur la faune préhistorique pygmée souvent trouvée en grotte, dans ces îles de Méditerranée. Un repas tardif à Potamos, dans une ambiance petit port de pêche, près de l’endroit où est venu travailler Arthur Rimbaud.

Les porches à l’est de Paphos sont atteints sans mal le lendemain et constituent les « Seven St George », grottes remplies d’icônes, parfois creusées par l’homme. Elles mesurent au plus une trentaine de mètres et témoignent d’une érosion littorale ancienne et des activités religieuses et agricoles de Geroskipou, nom de ce lieu.

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Nos derniers souterrains seront pour les classiques tombeaux des rois, près de la côte, aux calcaires creusés et érodés de façon spectaculaire (3ème siècle avant J-C) ainsi que pour le car-wash nécessaire au sous-sol de l’hyper marché local.

 

Suite à cette semaine aussi riche que le séjour précédent, nous orientons notre travail vers une synthèse historique de la spéléologie de Chypre, prise en main au nord  par un projet pluridisciplinaire auquel nous avons fait des propositions et même acte de candidature.

La spéléo est lancée sur Chypre, modeste pays karstique aux paysages attrayants.

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Pour le collectif « Aphrodit e’s child »    Bernard Chirol   FFS / UIS

Aphrodite’s child à Chypre

A l’origine de cette expé, deux courriers à Claude Chabert et Paul Courbon, datés de 1981, pour connaître la spéléo de Chypre. A l’époque, B. Chirol avait un chypriote dans sa famille.
Réponses : il y a du calcaire à Chypre…

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Trente-trois ans plus tard, Bear n’eut pas de mal à convaincre Yves Contet, président du comité régional de spéléo de Rhône-Alpes, et deux collègues du G S Hauteville (Ain) Pascal Dubreuil et Valérie Magnan, d’aller fouler ces calcaires après une préparation bibliographique et « diplomatique » de plusieurs mois.

Résultats : Chypre n’a certes pas de structure spéléo mais des rencontres tant au nord qu’au sud de l’île se sont révélées enrichissantes pour tous les concernés.
De belles grottes marines au sud, quelques grottes fossiles sur le littoral et surtout une moisson de cavités verticales calées sur la fracturation de la Kyrenian Range au nord. Faibles dénivelées (rarement supérieures à 100 m) mais des volumes, des concrétions très sèches et des chiroptères, c’était le lot de ces descentes dans les Pentadactylos, dont une fut réalisée en première.
Dans le piémont, une petite grotte a livré un peu d’archéologie que gèreront les autorités de Chypre du nord et une curieuse et bien jolie grotte aménagée à Cinarli-Platani, dans le gypse, d’un développement retopographié d’à peine plus de 300 m.

À l’ouest, visite d’une cavité dans le parc naturel d’Akamas, après accord du garde-forestier. La cavité avait été vue en 1993, par des spéléos de Crète.

Que ce soit d’un côté ou de l’autre, cette expédition a été l’occasion de rencontrer des personnes sympathiques intéressées par les cavernes, voire par la constitution d’une structure spéléo.

Merci à nos guides qui nous ont fait gagner un temps précieux : Mustafa, Haris, Nikos, Christos, Gülter, Inan et à tous les collègues européens ayant aidé aux préparatifs (en plus de l’accueil par les spéléos autrichiens à Vienne) .

Pas de percée hydrogéologique pénétrable à Chypre pour l’instant (l’île est de toute façon très sèche) et un patrimoine souterrain limité (donc précieux) qui devrait s’enrichir surtout au nord. Les contacts sont établis.

Les pigeons peuplent certaines entrées, Aphrodite n’est jamais loin.   A suivre…

Bernard Chirol

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