{"id":628,"date":"2017-11-23T01:11:53","date_gmt":"2017-11-23T00:11:53","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.crei.ffspeleo.fr\/?p=628"},"modified":"2017-12-02T21:15:50","modified_gmt":"2017-12-02T20:15:50","slug":"canyon-y-machete-colombie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.crei.ffspeleo.fr\/?p=628","title":{"rendered":"Canyon y Machete Colombie"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">L\u2019exp\u00e9dition Canyon y Machete a pour objectif l\u2019ouverture de canyons en Colombie. Une premi\u00e8re exp\u00e9dition s\u2019est tenue du 15 novembre 2016 au 4 avril 2017. Elle avait pour objectif de d\u00e9velopper le canyonisme en Colombie sur diff\u00e9rents plans : d\u00e9veloppement de la pratique du canyonisme, formation en canyonisme et prospections de nouvelles courses. A cette fin, un gros travail de terrain nous a permis d\u2019\u00e9tudier les r\u00e9gions les plus propices \u00e0 l\u2018ouverture de canyons, entre lesquelles : Valle del Cauca, Risaralda, Quindio, Cundinamarca, Meta, Huila et Putumayo. Durant cette exp\u00e9dition nous avons descendus 29 canyons, dont 11 font partie de nos ouvertures. La moiti\u00e9 du pays \u00e9tant occup\u00e9e par des massifs montagneux, nous nous sommes rendu compte que le potentiel d\u2019ouverture \u00e9tait aussi grand que notre envie de revenir explorer ces terres. <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est pourquoi nous organisons rapidement une nouvelle exp\u00e9dition, du 31 octobre au 4 d\u00e9cembre 2017, \u00e0 laquelle fait partie un troisi\u00e8me canyoneur confirm\u00e9 : Michael BOUILLOUX. Notre exp\u00e9dition est avant tout une aventure Franco-colombienne. Gr\u00e2ce \u00e0 notre travail de rep\u00e9rage et \u00e0 nos nombreuses rencontres et amiti\u00e9s, nous avons pu cibler sur trois points de chute : en priorit\u00e9 le Nari\u00f1o. Situ\u00e9 dans le sud du pays, ce d\u00e9partement nous avait fait r\u00eaver la fois pr\u00e9c\u00e9dente mais des pluies diluviennes nous avaient emp\u00each\u00e9s d\u2019aller rep\u00e9rer. Pourtant, l\u00e0 o\u00f9 la Cordill\u00e8re des Andes donne naissance aux trois chaines de montagnes : occidentale, centrale et orientale, le nombre de cascades est inquantifiable ! Une fois satisfaits de notre travail dans le Nari\u00f1o (2 semaines), nous planifions de retrouver nos amis colombiens dans le d\u00e9partement voisin du Putumayo (1 semaine). Enfin, nous avons pr\u00e9vu de constituer une derni\u00e8re \u00e9quipe franco-colombienne dans le d\u00e9partement de l\u2019Antioquia, \u00e0 une vingtaine d\u2019heures de bus vers le nord du pays (1 semaine).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais arriv\u00e9s en Colombie, nous devons d\u00e9j\u00e0 trouver des solutions de repli, un plan B. Lorsque nous nous dirigeons vers le Sud du pays, par la seule voie desservant Pasto, capitale du Nari\u00f1o, une r\u00e9volte de populations indig\u00e8nes barre la route, emp\u00eachant toute circulation vers ce secteur. C\u2019est seulement arriv\u00e9s \u00e0 Cali, \u00e0 presque mi-chemin, que nous apprenons cet \u00e9v\u00e8nement. Nous \u00e9voquons bien s\u00fbr la possibilit\u00e9 d\u2019un transport a\u00e9rien, en ayant conscience des frais qu\u2019engendreront nos bagages sur un vol interne, mais au m\u00eame moment une gr\u00e8ve des pilotes condamne \u00e9galement cette possibilit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous ne pouvons pas retourner notre itin\u00e9raire, car ni nos amis de l\u2019Antioquia, ni nos amis du Putumayo ne sont pr\u00eats \u00e0 nous recevoir si t\u00f4t. Il nous faut un plan B\u2026 Notre travail pr\u00e9c\u00e9dent nous permet de nous retourner rapidement, et d\u00e8s le lendemain nous descendons les cascades de tuf de Chicala, dans le d\u00e9partement du Tolima, que J\u00e9r\u00f4me, le 4<span style=\"font-size: xx-small;\">\u00e8me <\/span><span style=\"font-size: medium;\">membre de Canyon y Machete, avait ouvert en 2014. Le soir m\u00eame nous faisons la rencontre de Sigifredo, l\u2019acteur local du d\u00e9veloppement du canyoning, pour \u00e9tablir un plan d\u2019attaque dans ce secteur improvis\u00e9. Sigifredo nous accueille avec toute la gentillesse et la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 propre aux Colombiens, mais comme nous n\u2019avions pas pr\u00e9vu d\u2019aller dans le T<\/span><\/p>\n<figure id=\"attachment_636\" aria-describedby=\"caption-attachment-636\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/blog.crei.ffspeleo.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Canyon-de-Makuk-Narino.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-636 size-medium\" src=\"https:\/\/blog.crei.ffspeleo.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Canyon-de-Makuk-Narino-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/blog.crei.ffspeleo.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Canyon-de-Makuk-Narino-300x225.jpg 300w, https:\/\/blog.crei.ffspeleo.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Canyon-de-Makuk-Narino-768x576.jpg 768w, https:\/\/blog.crei.ffspeleo.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Canyon-de-Makuk-Narino.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-636\" class=\"wp-caption-text\">Canyon de Makuk , Narino<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">olima, notamment \u00e0 cause de la m\u00e9t\u00e9o pluvieuse actuelle, il a \u00e9t\u00e9 difficile d\u2019organiser des ouvertures : les canyons sont en crue, l\u2019eau ruiss\u00e8le sur toutes les pentes. Cela dit, nous sommes reconnaissants de ce changement d\u2019itin\u00e9raire, qui nous a permis de d\u00e9couvrir l\u2019incroyable vall\u00e9e du Combeima. C\u2019est la premi\u00e8re fois que nous rencontrons, depuis notre d\u00e9couverte de la Colombie, une vall\u00e9e si propice au d\u00e9veloppement du canyoning. En logeant dans cette vall\u00e9e, on peut rayonner en \u00e9toile pour descendre les 16 canyons aujourd\u2019hui ouverts. 16 canyons, et on en recense une centaine encore jamais descendus. Pendant que les indig\u00e8nes barrent notre route, nous profitons de ce temps pour descendre les incontournables classiques de la vall\u00e9e, non sans \u00e9motions car elles sont bien charg\u00e9es en eau. Nous profitons ainsi des belles descentes de la Honda et de la Plata (partie inf.) tout en r\u00eavant du moment opportun d\u2019ouvrir leur partie sup\u00e9rieure. L\u2019id\u00e9e nous reste dans un coin de la t\u00eate de revenir \u00e0 la fin du mois, si notre agenda nous le permet. Nous passons le reste de notre temps \u00e0 marcher en montagne, \u00e0 rep\u00e9rer de nouveaux projets d\u2019ouverture, si all\u00e9chants qu\u2019on peine \u00e0 quitter cette belle vall\u00e9e pour reprendre nos projets initiaux. La situation avec les \u00ab groupes indig\u00e8nes \u00bb ne s\u2019est pas d\u00e9bloqu\u00e9, mais nous pouvons contourner le barrage en prenant une route secondaire : \u00ab le tremplin de la mort \u00bb. Cette longue piste sinueuse nous permet de contourner le blocage en nous faufilant dans la Cordill\u00e8re des Andes, et en priant pour qu\u2019un des nombreux \u00e9boulements de terrain dont souffre cette voie ne se produise pas lors de notre passage.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec ce contre temps, nous avons d\u00e9j\u00e0 \u00ab perdu \u00bb une pr\u00e9cieuse semaine d\u2019exp\u00e9dition, et nous savons d\u2019ores-et-d\u00e9j\u00e0 que soit l\u2019\u00e9tape du Putumayo, soit l\u2019\u00e9tape de l\u2019Antioquia devra \u00eatre sacrifi\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous sommes accueillis dans la ville d\u2019altitude de Pasto (2250m) par notre ami Colombien Tarik, seul et unique canyoneur du d\u00e9partement. Tarik est de bon conseil, il conna\u00eet tr\u00e8s bien sa r\u00e9gion. La fois pr\u00e9c\u00e9dente, de nombreux colombiens nous ont fait r\u00eaver en disant que les deux canyons les plus ludiques de la Colombie se trouvaient dans le Nari\u00f1o. Makuk et Mozamorra ont sculpt\u00e9s des sauts et des toboggans dans une roche ressemblant au granite. Lorsque nous avons vu les images, nous n\u2019avions plus aucune h\u00e9sitation : c\u2019est exactement le type de canyon que nous cherchons. Et c\u2019est la raison pour laquelle nous sommes venus jusqu\u2019ici. Nous allons donc prospecter dans la r\u00e9gion du ca\u00f1\u00f3n de Juanambu. D\u2019apr\u00e8s nos recherches Google Earth, et les \u00e9chos que nous avons de cette r\u00e9gion, le secteur regorge de canyons.<\/p>\n<p>Pourtant, quand nous arrivons, la premi\u00e8re id\u00e9e qui nous vient en t\u00eate est : \u00ab Dis donc, c\u2019est vraiment aride par ici \u00bb.<\/p>\n<figure id=\"attachment_637\" aria-describedby=\"caption-attachment-637\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/blog.crei.ffspeleo.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Canyon-de-San-Pedro-Narino.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-637 size-medium\" src=\"https:\/\/blog.crei.ffspeleo.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Canyon-de-San-Pedro-Narino-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/blog.crei.ffspeleo.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Canyon-de-San-Pedro-Narino-300x225.jpg 300w, https:\/\/blog.crei.ffspeleo.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Canyon-de-San-Pedro-Narino-768x576.jpg 768w, https:\/\/blog.crei.ffspeleo.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Canyon-de-San-Pedro-Narino.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-637\" class=\"wp-caption-text\">Canyon du Barranco, Narino<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre fait cette r\u00e9flexion, nous passons trois jours \u00e0 marcher dans la montagne pour v\u00e9rifier nos projets. Malheureusement, la plupart des canyons potentiels que nous avons point\u00e9s sont soit inaccessibles, soient \u2026 secs ! Nous d\u00e9valons tout de m\u00eame avec joie les toboggans du canyon de Makuk, l\u2019ic\u00f4ne du ludisme en canyoning. Nous ouvrons \u00e9galement deux courses : le canyon sauvage de Las Delicias, avec plusieurs cascades de 30m sculpt\u00e9es dans une belle roche, ainsi qu\u2019une \u00e9tonnante petite course taill\u00e9e dans une veine de marbre : le San Pedro. Finalement \u00e7a sera tout pour ce secteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Nous d\u00e9cidons d\u2019aller prospecter un peu plus loin, dans le secteur de La Cruz, o\u00f9 la cascade de Tajumbina nous fait bien envie. Haute d\u2019une soixantaine de m\u00e8tres, elle cache en amont une \u00e9troiture tout \u00e0 fait s\u00e9duisante. Lorsque nous atteignons enfin la convoit\u00e9e, une pluie battante la met en crue en moins d\u2019une demi-heure. La saison des pluies commence juste dans le Nari\u00f1o, le moment n\u2019est pas opportun pour ouvrir cet <\/span><i><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\">estrecho<\/span><\/i><span style=\"font-size: medium;\">. Mais il nous laisse plus que r\u00eaveur, et il reste dans un coin de notre t\u00eate. Nous rebroussons donc chemin, en notant au passage une autre ouverture possible : le grande verticale de San Francisco (200m), pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e \u00e9galement d\u2019un tr\u00e8s bel encaissement. Mais nous choisissons de respecter notre agenda et de passer au secteur suivant. Au passage, nous faisons tout de m\u00eame halte au village de San Pablo, pour ouvrir le canyon de San Pablo <\/span>qui finit dans le village. Il nous tends les bras. En amont le canyon est taill\u00e9 dans un joli petit encaissement, permettant quelques sauts et toboggans dans des petites vasques profondes. Puis, arriv\u00e9s \u00e0 la plus grande verticale (45m), nous per\u00e7ons dans une sorte de gr\u00e8s, la roche est tr\u00e8s friable, plusieurs goujons ne prennent pas. Nous jouissons toute la descente d\u2019une vue surplombant San Pablo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous arrivons au village sous l\u2019\u0153il \u00e9bahit des villageois qui s\u2019accumulent autour de nous alors que nous nous changeons. L\u2019un nous filme, l\u2019autre nous invite \u00e0 nous changer \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, une dame nous offre le caf\u00e9. Dans cette r\u00e9gion qui voit si peu d\u2019\u00e9trangers, nous paraissons pour des extraterrestres. Et effectivement, cette r\u00e9gion a \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement isol\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re (2016), lorsque les Gu\u00e9rillas, qui s\u00e9vissaient sans rel\u00e2che dans la r\u00e9gion, ont accept\u00e9 de rendre leurs armes. Depuis un an seulement, les villageois vivent enfin en sereinement. Je ne peux m\u2019emp\u00eacher de penser aux enfants, qui sont venus se prendre en photo avec nous, qui n\u2019avaient encore jamais connu, cette situation de paix. Il y a un an, les villages \u00e9taient tellement enclav\u00e9s que les habitants pouvaient parfois ne jamais en sortir. Ils avaient r\u00e9guli\u00e8rement un couvre-feu qui leurs imposait de rentrer chez eux avant 14h. Pourtant, en passant dans ces villages, loin de nous l\u2019id\u00e9e qu\u2019ils auraient pu \u00eatre en proie \u00e0 ces gu\u00e9rillas, tellement nous avons ressenti la gentillesse et la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 des habitants.<\/p>\n<figure id=\"attachment_638\" aria-describedby=\"caption-attachment-638\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/blog.crei.ffspeleo.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Canyon-de-Yambinoy-Narino.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-638 size-medium\" src=\"https:\/\/blog.crei.ffspeleo.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Canyon-de-Yambinoy-Narino-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/blog.crei.ffspeleo.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Canyon-de-Yambinoy-Narino-300x225.jpg 300w, https:\/\/blog.crei.ffspeleo.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Canyon-de-Yambinoy-Narino-768x576.jpg 768w, https:\/\/blog.crei.ffspeleo.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Canyon-de-Yambinoy-Narino.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-638\" class=\"wp-caption-text\">Canyon de Yambinoy, Narino<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Avec ces deux futurs projets en t\u00eate, nous passons \u00e9tudier le secteur pr\u00e9vu suivant : la Florida, situ\u00e9e au Nord Ouest du volcan de las Galeras. Les deux canyons potentiels que nous visons, le Yambinoy et le Rio Barranco, sont nich\u00e9s dans les encaissements des contreforts du volcan. Les acc\u00e8s sont relativement ais\u00e9s, mais leur encaissement et leurs grands bassins versant augmentent s\u00e9v\u00e8rement la notion d\u2019engagement. Lors de nos rep\u00e9rages, nous notons un fort niveau d\u2019eau qui nous laisse dubitatifs. Est-ce que \u00e7a passe ? Les chutes d\u2019eau sont puissantes, les vasques sont blanches, et pourtant quelque chose nous dit que c\u2019est bon. Apr\u00e8s concertation, nous descendons avec joie l\u2019enchainement du Yambinoy. Son geyser (30m), le rappel de la faille (30m) et le joli saut final de 6m sont les obstacles qui nous ont le plus marqu\u00e9. A peine sortis, nous tr\u00e9pignons d\u2019impatience pour descendre son voisin le Rio Barranco. Il est plus long, il compte 3 <\/span><i><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\">estrechos<\/span><\/i><span style=\"font-size: medium;\">, et il a encore plus d\u2019eau que le pr\u00e9c\u00e9dent. Que faire ? Nous passons une bonne journ\u00e9e \u00e0 marcher, \u00e0 rep\u00e9rer, \u00e0 collecter le maximum d\u2019informations possibles sur les cartes, dans le paysage, aupr\u00e8s des locaux. Apr\u00e8s concertation, nous concluons que ce canyon m\u00e9rite une ouverture sur au moins deux jours, et impose quelques impond\u00e9rables c\u00f4t\u00e9 logistique : bivouac, transport, mules. Nous d\u00e9cidons d\u2019ouvrir le premier <\/span><i><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\">estrecho<\/span><\/i><span style=\"font-size: medium;\">. C\u2019est le seul qui nous permet de r\u00e9chapper juste apr\u00e8s. Nous ferons ainsi mieux connaissance avec le canyon. Le d\u00e9bit approche le m\u00e8tre cube\/seconde, l\u2019<\/span><i><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\">estrecho <\/span><\/i><span style=\"font-size: medium;\">est taill\u00e9 dans un basalte tr\u00e8s sombre. Cette premi\u00e8re partie est tr\u00e8s courte mais nous mettons quand m\u00eame 2h pour l\u2019ouvrir, en installant notamment une belle main-courante d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la derni\u00e8re cascade que nous avions rep\u00e9r\u00e9 de loin, alors qu\u2019elle jaillissait de l\u2019<\/span><i><span style=\"font-family: Calibri,Calibri; font-size: medium;\">estrecho <\/span><\/i><span style=\"font-size: medium;\">en une belle queue de cheval. C\u2019est s\u00fbr, il faudra revenir \u00e0 la saison s\u00e8che. Ce canyon a un \u00e9norme potentiel, il nous laisse tous les trois r\u00eaveurs. D\u00e9cid\u00e9ment, que de beaux projets repouss\u00e9s \u00e0 demain. Mais en venant en Colombie en novembre, nous savions que ce d\u00e9but de saison des pluies pouvait nous faire d\u00e9faut. <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: medium;\">Nous passons donc au 4<\/span><span style=\"font-size: xx-small;\">\u00e8me <\/span><span style=\"font-size: medium;\">et avant-dernier secteur d\u2019exploration du Nari\u00f1o : le plateau de Cimarrones, aride, aux canyons taill\u00e9s dans un granite d\u2019une blancheur pure, nous rappelant presque les belles \u00e9rosions du Tessin, en Suisse. Le canyon du Rio Salado est un objectif qui tient beaucoup \u00e0 l\u2019\u00e9quipe. Les vasques de granite, d\u2019une couleur bleu turquoise, si rares en Colombie, nous mettent <\/span>l\u2019eau \u00e0 la bouche. Nous prions pour que les conditions soient r\u00e9unies pour cette ouverture. Le plateau est assez \u00e9loign\u00e9. Afin de mettre toutes les chances de notre c\u00f4t\u00e9, nous devons demander l\u2019hospitalit\u00e9 \u00e0 une ferme, situ\u00e9e \u00e0 proximit\u00e9 du canyon. Ce qui nous permettra de nous lever \u00e0 l\u2019aube le lendemain, et d\u2019attaquer la descente. Le Rio Salado est tr\u00e8s encaiss\u00e9, l\u2019absence de v\u00e9g\u00e9tation aux alentours et en amont, l\u2019aridit\u00e9 du sol, et la forte inclinaison des pentes, sont autant de facteurs propices \u00e0 une crue \u00e9clair, ce qui serait fatal une fois dans ce canyon encaiss\u00e9, long de 2500m. Une seule condition sine qua non \u00e0 l\u2019ouverture : une m\u00e9t\u00e9o stable. Ce soir nous dormons dans la petite ferme pr\u00e8s du canyon. Les propri\u00e9taires sont d\u2019une g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 incroyable, ils nous ont accueillis et nourri sans rien attendre en retour, sans m\u00eame comprendre pourquoi nous voulions tant descendre leur rivi\u00e8re. Il a fait un soleil radieux toute cette journ\u00e9e de rep\u00e9rage, pourvu que demain ce soit pareil.<\/p>\n<p>Membres : Fr\u00e9d\u00e9ric CHEVALIER, Michael BOUILLOUX, Ana\u00efs BOULAY.<\/p>\n<p>Voir site de l&rsquo;exp\u00e9dition : <a href=\"https:\/\/www.canyonymachete.com\/\"> https:\/\/www.canyonymachete.com\/<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019exp\u00e9dition Canyon y Machete a pour objectif l\u2019ouverture de canyons en Colombie. Une premi\u00e8re exp\u00e9dition s\u2019est tenue du 15 novembre 2016 au 4 avril 2017. Elle avait pour objectif de d\u00e9velopper le canyonisme en Colombie sur diff\u00e9rents plans : d\u00e9veloppement de la pratique du canyonisme, formation en canyonisme et prospections de nouvelles courses. 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