ARTE TV diffuse jusqu’au 26 février 2026 un documentaire de 25 minutes sur l’équipe de Laurent Bruxelles et de son projet Human origins in Botswana. L’occasion de marcher dans les pas de ces explorateurs et scientifiques, de saisir leurs hypothèses, et de suivre petit à petit comment ils y répondent, avec des découvertes majeures mais aussi de nouveaux points d’interrogation.
Pour son travail remarquable sur la protection des cavité à guano, l’équipe à notamment remporté le Prix France Habe de l’UIS en 2024.
L’équipe de Homini’karst, composée de spéléologues français membres de la FFS, a remporté le prix France Habe 2025 pour la protection du karst et des grottes, une distinction internationale délivrée par l’Union internationale de spéléologie (UIS) lors de son congrès au Brésil en juillet dernier.
L’équipe d’Homini’karst est composée de spéléologues français : Laurent Bruxelles, Véronique Olivier, Philippe Auriol, Bastien Chadelle, Gregory Dandurand, Kim Genuite et botswanais Oaitse Ledimo.
La grotte de Gcwihaba est située dans le nord-ouest du Botswana au milieu du désert du Kalahari. Elle constitue un laboratoire naturel unique où interagissent processus géologiques, biologiques et anthropiques. Préservée dans de petites buttes calcaires, elle comporte des brèches fossilifères – conglomérats d’ossements et de sédiments lithifiés – potentiellement porteuses des premiers restes d’hominines anciens de la région. D’où le nom de l’expédition : Homini’Karst. La perspective de découvrir des fossiles d’australopithecus ou paranthropus alimente les recherches menées conjointement par les spéléologues, les géologues, les archéologues et les paléontologues qui collaborent pour une même quête.
Biocorrosion et dépôt de guano
Deux axes scientifiques structurent les travaux : l’étude des brèches fossilifères, en fouille depuis 2021, et la biocorrosion, processus par lequel les dépôts de guano de chauves-souris interagissent chimiquement avec les carbonates des dolomies. Cette biocorrosion, étudiée notamment par Laurent Bruxelles (CNRS), modifie profondément la morphologie interne de la cavité : formations de « bell holes », altération microscopique et macroscopique des parois, voire doublement de la section de certaines galeries. Les taux de dissolution mesurés, pouvant atteindre 0,65 mm/an, soulignent la dynamique du phénomène.
Gcwihaba cave, entrée nord avec une partie de l’équipe. Photo LBX
Les dépôts de guano, essentiels à la fois d’un point de vue écologique et géomorphologique, jouent également un rôle déterminant dans la conservation ou la disparition des vestiges archéologiques. Leur accumulation explique l’absence d’œuvres pariétales, tandis que leur analyse isotopique et palynologique permet de reconstituer le climat et les écosystèmes passés, révélant une archive environnementale unique à l’échelle du continent.
Les spéléologues contribuent à cette recherche en assurant l’accès sécurisé aux zones de fouille, en explorant les cavités pour identifier les brèches, et en prélevant les échantillons nécessaires aux datations et à l’analyse de la microfaune – éléments permettant de reconstruire les paléoenvironnements.
Cartographie 3D et protection UNESCO
Le site de Gcwihaba revêt également une dimension patrimoniale forte. Exploré dès les années 1950, cette cavité qui comporte deux entrées est désormais ouverte au tourisme avec un guide local et fait l’objet d’actions de médiatisation visant à promouvoir sa conservation. Les populations San, qui utilisent la grotte depuis des millénaires, perpétuent une relation culturelle et rituelle au lieu, notamment via des cérémonies à l’entrée nord, considérée comme sacrée. La cartographie 3D moderne de Gcwihaba cave contribue à la valorisation patrimoniale et scientifique du site.
Travail de cartographie de Kim Genuite.
Gcwihaba cave est devenue une « cavité école », accueillant chaque année le Gcwihaba Campus et hébergeant plusieurs thèses dédiées à la géomorphologie, à la paléoécologie et à la microfaune. Les collaborations régionales et internationales renforcent l’importance scientifique du lieu et montrent la nécessité d’impliquer des spéléologues dans la recherche souterraine.
Enfin, le Botswana porte un projet de classement UNESCO, appuyé par la valeur géologique, écologique, culturelle et scientifique du site. La compréhension du rôle des chauves-souris et de la biocorrosion constitue un élément central de cette démarche, intégrée à un futur programme européen.
Laurent Bruxelles devant un exemple de biocorrosion. Photo CBX
En juillet 2025, lors du congrès de l’UIS, c’est le photographe Philippe Crochet qui a reçu le prix au nom de l’équipe d’Homini’Karst, car il rentrait justement du Botswana après un travail de photographies pour la réalisation d’un livre coédité avec le museum national d’histoire naturelle de Gaborone.
Les rapports 2023 et 2024 des expéditions spéléologiques au Botswana seront bientôt disponibles sur le site de la Commission des relations et des expéditions internationales de la Fédération française de spéléologie.
En raison de la persistance de la pandémie de COVID-19, le 18e congrès international de spéléologie, qui était prévu cette année en France, doit être reporté.
Il aura lieu du 24 au 31 juillet 2022 au même endroit en Savoie.
Toutes les inscriptions et communications envoyées pour 2021 seront acceptées pour 2022 et pourront être annulées ou ajustées si nécessaire.
Nous sommes désolés de cette situation, mais cette décision commune entre la Fédération Française de Spéléologie et l’Union Internationale de Spéléologie est la meilleure solution pour un congrès international en 2022.
L’équipe éditoriale de la conférence scientifique du 18ème Congrès international de Spéléologie
Vous vous êtes sans doute demandé comment faire pour trouver des données sur les cavités ? Comment relier les cavités aux documents qui en parlent ? Comment créer des liens entre les observations scientifiques, les mesures réalisées par les capteurs et les cavités dans lesquelles ces observations ont été réalisées ? Comment appliquer une requête à un groupe de bases de données même si elles sont indépendantes et dispersées dans le monde ?
C’est ce que vous propose le projet KarstLink.
KarstLink est une coopération internationale visant à organiser le partage en ligne, lisible par des machines, de données sur les cavités et sur l’environnement karstique. Initié par Wikicaves, la FFS et la FSE, le travail autour du projet est porté par l’IUS, pour permettre une large coopération internationale.
Vous pouvez découvrir une présentation du projet ici et plus de détail sur le programme sur cette page
Le projet s’est fixé pour objectif d’utiliser des outils standardisés du W3C relatifs au Web sémantique et au web des données afin de décrire l’environnement des cavités et des phénomènes karstiques et ainsi offrir à tous les gestionnaires de bases de données un moyen de partager leur travail sans modifier leur structure interne.
Le premier objectif est de présenter, lors du congrès de l’IUS en 2021, une ontologie et des exemples de bases de données échangeant des données, en utilisant cette ontologie.
Si ce projet vous intéresse et que vous souhaitez y participer vous pouvez d’ors et déjà:
L’organisation du congrès UIS 2021, sur le site de l’université Savoie Mont Blanc au Bourget-du-lac, bat son plein.
Le comité de pilotage recherche un ou des bénévoles qui voudraient s’engager dans l’organisation du symposium sur l’art.
L’Art sous toutes ses formes est toujours présent lors des grands événements organisés par la FFS. Beaucoup de fédérés gardent en mémoire les remarquables symposium organisés à Millau en 2013, et lors du congrès européen à Lans en Vercors en 2008.
Le référent, membre du copil, aura pour mission d’organiser le concours, de sélectionner les œuvres, d’organiser la ou les expositions. Deux personnes de l’UIS (Autriche et Angleterre) ayant l’expérience de ce type de manifestions ont déjà fait part de leur intérêt pour contribuer à l’organisation.