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Mayang 2026 : récit d’une expédition nationale au coeur de la forêt de Papouasie:

Avant la jungle, les caisses de matériel et les cartes !

Il y a des expéditions qui commencent au pied d’une montagne, sac sur le dos, machette à la main. Et puis il y a celles qui commencent bien avant : dans des caisses de matériel, des listes interminables, des demandes d’autorisation, des réunions, des plans de transport, des billets d’avion modifiés, des cartes griffonnées et des hypothèses tracées au crayon. Mayang 2026 appartient clairement à cette seconde catégorie.

Au départ, il y a un objectif immense : retourner en Papouasie-Nouvelle-Guinée, dans la région de Galowe et des hauts plateaux de Mayang, pour poursuivre l’exploration d’un territoire karstique encore très largement inconnu. Là-bas, l’eau disparaît dès qu’elle touche le sol, réapparaît plus loin, creuse des canyons, alimente des résurgences dont la majestueuse source de Mayang. Pour l’association d’exploration spéléologique Centre Terre, l’enjeu est clair : comprendre où passe cette eau qui alimente cette impénétrable émergence de Mayang dont le débit fluctue de quelques 10m3 à l’étiage à plus de 200m3 en crue, trouver les accès, relier les morceaux du puzzle, et documenter un monde presque vierge.

Féerie dans les entrailles des Mont Nakanaï.

Mais une expédition comme celle-là ne se résume pas à “aller voir”. Il faut tout emporter ou presque : cordes, amarrages, goujons, spits, matériel de plongée, compresseur, équipement de secours, pharmacie, électricité, outils de camp, systèmes pour collecter et purifier l’eau, instruments scientifiques, nourriture, moyens de communication. Une partie de ce matériel est acheminée par fret maritime, enfermée dans des caisses qui deviennent, à distance, aussi importantes que les membres de l’équipe. Tant qu’elles ne sont pas arrivées, l’expédition reste démunie pour conduire de véritables explorations.

Autour du noyau spéléologique se greffe aussi une équipe scientifique. Des chercheurs rejoignent le projet pour étudier la biodiversité, les insectes, les milieux aquatiques, la faune souterraine, les climats anciens conservés dans les stalagmites et les stalactites. Les cavités ne sont pas seulement des passages à ouvrir : ce sont des archives naturelles, des refuges biologiques, des laboratoires cachés. Sur le territoire de Mayang, on ne vient pas seulement chercher des kilomètres de galerie. On vient aussi chercher des réponses, découvrir un milieu naturel ou aucun être humain n’a mis le pied depuis plusieurs décennies au moins.

Et puis il y a la caméra. Une équipe de tournage accompagne l’aventure pour un film destiné à Arte. Cela change tout. Il faut progresser, explorer, prélever, équiper, déséquiper, mais aussi raconter, filmer, capter les visages, les gestes, les attentes, les inquiétudes, les moments où l’on comprend que quelque chose vient de se passer. Le film doit montrer ce que d’habitude personne ne voit : la lente fabrication d’une découverte au cœur d’une expédition ou chaque participant est un acteur, une composante d’un collectif.

Entrer sur le territoire !

L’arrivée en Papouasie-Nouvelle-Guinée ne se fait pas comme dans les récits trop lisses. Les membres arrivent en ordre dispersé, avec des retards, des vols annulés, des correspondances incertaines et des bagages qui ne suivent pas toujours le rythme. Les premiers jours se passent entre achats, vérifications, démarches et réunions. Il faut rencontrer les autorités, présenter le projet, consolider les accords, expliquer encore et encore pourquoi cette expédition a lieu, ce qu’elle vient faire, avec qui elle collabore, qu’elle est la philosophie de son projet et que va-t-elle concrètement pouvoir apporter aux villageois locaux qui se revendiquent à juste titre comme propriétaires légitimes du territoire de Mayang.

À Port Moresby puis dans la province d’East New Britain, les rendez-vous officiels s’enchaînent. On rencontre l’ambassadeur, des représentants locaux, des responsables institutionnels. Ces moments peuvent sembler loin des gouffres et des rivières souterraines, mais ils sont essentiels. Sans eux, pas d’autorisation claire, pas de confiance, pas de cadre. Et sans cadre, pas d’expédition durable, et pas de tournage d’un film documentaire de diffusion internationale à la clé.

Puis vient le contact avec Galowe. Là, l’aventure quitte les bureaux et entre dans le territoire. Il faut expliquer le projet aux habitants, discuter, écouter, ajuster. Il y a des cérémonies d’accueil, des poignées de main, des moments de tension aussi, des négociations, des incompréhensions à lever. Peu à peu, une alliance se construit mais le temps presse et tout cela doit être mené au pas de course sans toutefois risquer l’échec, c’est la besogne de Bernard, chef d’expédition, de ce projet complexe et de l’équipe de pré-expédition qui l’entoure. Dans cette négociation, il est clairement établi que des habitants de Galowe participent à l’ouverture des chemins, au transport, à l’installation des camps. L’expédition ne se pose pas dans un décor vide : elle entre dans un pays habité, et elle doit y trouver sa place et inclure les populations.

Héliportage.

L’expédition commence vraiment avec l’arrivée sur zone de hélicoptère. Dans un premier temps,  des reconnaissances sont réalisées au-dessus d’une jungle impénétrable. Il faut trouver des zones où poser un hélicoptère afin d’apporter matériels et équipiers. Cette phase achevée, les rotations s’enchaînent, on monte alors les participants, leur matériel individuel, les vivres… ça décharge, on trie, on répartit. Camp 1, Camp 2, puis Camp 3 : les noms deviennent vite des points fixes dans un monde compliqué. Chaque camp doit être construit à partir de rien. Il faut monter les abris, organiser les couchages, protéger la nourriture, installer les espaces communs, capter l’eau de pluie, la stocker, installer l’électricité, les moustiquaires, les communications. La vie d’expédition commence par des gestes très simples : tendre une bâche, accrocher un sac, trouver où dormir au sec.

Les camps et les premières pistes

Très vite, les premières équipes partent sur le terrain. On descend des canyons, on suit des rivières, on cherche des pertes, des résurgences, des gouffres, des indices. Autour de Mayang, de Galowe, de Ralapusa, de Lalu ou de Gauunu, chaque relief peut devenir une piste. La progression est rude : végétation dense, blocs glissants, ressauts, rivières, longues marches, visibilité parfois mauvaise. Il faut avancer, regarder, noter, revenir, repartir. La météo joue également sa partition, et il faut là aussi composer avec…

Les premiers jours rappellent une règle simple de l’exploration : le terrain ne donne rien sur commande. Une équipe croit tenir une suite, puis le passage se ferme. Une autre descend vers une résurgence prometteuse, mais les conditions sont mauvaises. Ailleurs, un canyon impressionne, une rivière attire, une entrée semble évidente, puis l’espoir retombe. On rentre fatigué, parfois déçu, toujours trempé. Mais, le lendemain, on recommence. Motivés !

Le Camp 1 connaît son lot de contrariétés. Les accès sont compliqués, les prospections fortuites ne donnent regard sur aucune cavité, et aucune des résurgences ciblées ne s’avèrent pénétrables. C’est la frustration et la déception… Une situation très familière aux explorateurs : tout indique qu’il devrait y avoir quelque chose, mais le terrain n’ouvre accès à rien.

Au Camp 2, en revanche, peu de temps après l’installation et de premières prospections, l’espoir d’une découverte importante naît au bout d’un chemin ouvert par nos guides papous. Une première vraie piste apparaît. On parle d’un objectif majeur, d’un secteur prometteur sur le plateau, d’un canyon, d’un lit de rivière, de puits à équiper. Rien n’est gagné, mais l’ambiance change. Ce n’est plus seulement de la prospection. Il y a une direction.

Et pendant que les équipes cherchent, le fret maritime se fait attendre. Les trois caisses remises au transporteur au 1er octobre 2025, ont bien quitté l’Europe, mais leur route jusqu’au terrain est une épopée à part entière. Après des retards et des transbordements non prévus, elles doivent ensuite passer par Lae au nord du pays, être dédouanée, puis être récupérées, et de nouveau transbordées vers Rabaul à l’est, puis vers Palmalmal au sud. Leur absence pèse sur tout : sans cordes, sans amarrages et sans matériel d’exploration, impossible d’aller bien loin dans les premières cavités repérées. L’expédition avance, mais avec une main dans le dos.

Embouchure de la Galowe, le village.

Quand le fret finit par arriver, au matin du 8 février, c’est un vrai basculement. Les caisses ne sont pas seulement du matériel : elles sont la promesse que la suite devient possible. A partir de là, il devient permis pour les participants de s’engager sous terre, également de prospecter certains canyons encaissés devant lesquels les équipes avaient jusqu’alors dû rebrousser chemin. Le moral remonte. La machine, jusque-là freinée, reprend de la vitesse.

Les jours suivants sont ceux de la réorganisation. On ouvre de nouveaux itinéraires, on déplace des équipes, on prépare une seconde phase plus offensive. Le 14 février voit le renouvellement d’une partie du personnel : certains arrivent et d’autres repartent.  C’est une journée charnière : beaucoup de mouvements, des rotations, du matériel repositionné, des décisions à prendre. Le Camp 1 est délaissé et le Camp 3 entre en scène.

Installer le Camp 3 demande un gros effort. Il faut trouver un nouvel emplacement, dégager, construire, rendre le lieu habitable, y amener tout le nécessaire. Ce camp ouvre l’accès à de nouveaux secteurs. À partir de là, l’expédition prend une autre profondeur. Côté Camp 2, un camp avancé dénommé camp Big Bag est également installé et devient aussi un point central : un lieu situé tout à proximité de la cavité de Ralapussa vers laquelle l’équipe Camp 2 concentre tous ses efforts.

La jonction et la science en marche

Dans Ralapusa les équipes progressent, équipent, explorent, cherchent à comprendre le réseau. Il y a des galeries, des puits, des rivières, des passages mouillants, des points d’arrêt et des suites qui finissent par apparaître…. Le rythme des explorations se séquence : équiper un puits, descendre, chercher l’air, suivre l’eau, topographier, revenir avec plus de matériel.

Entre-temps, en surface, au fil des prospections effectuées et des cheminements ouverts, une connexion de 5,7 kilomètres est finalement établie par voie pédestre entre les camps 2 & 3.

Pendant ce temps, la science suit son propre rythme. Les chercheurs observent, prélèvent, photographient, notent. On s’intéresse à la faune, aux insectes, aux milieux aquatiques, aux traces biologiques. On travaille aussi sur les stalagmites et les stalactites, ces archives lentes qui enregistrent des fragments de climat ancien. Une stalagmite peut raconter une pluie d’il y a des siècles. Une galerie peut abriter une espèce discrète. Une résurgence peut donner un indice sur tout un bassin. L’exploration physique ouvre les portes ; la science essaie alors de comprendre ce qu’il y a derrière.

Le film, lui aussi, avance. L’équipe de tournage suit les spéléologues, enregistre les départs, les retours, les temps passés sous terre, les moments de doute et les scènes de camp. Filmer dans ces conditions n’a rien d’un confort : humidité, fatigue, matériel fragile, accès difficiles, lumière rare. Mais c’est précisément cela qui donne de la force aux images. On ne filme pas seulement un paysage. On filme l’effort nécessaire pour l’atteindre.

Jacquinot Bay, village de Galowe. Déchargement du kérosène destiné aux héliportages.

À mesure que février avance, la fatigue s’installe. Les journées s’empilent. Il faut faire la lessive, sécher ce qui peut l’être, recharger les batteries, réparer, ranger, redistribuer les missions, repartir. Certains objectifs déçoivent, au point de se refermer. Des siphons arrêtent la progression. Quand des passages semblent trop dangereux, il convient de renoncer. Ce sont des décisions lourdes mais il faut savoir les prendre. Sur le Camp 3, l’espoir et l’usure cohabitent. On continue parce qu’il reste des choses à explorer, mais chaque tentative coûte plus cher que la précédente.

Le gouffre de Gauunu devient alors l’un des derniers grands espoirs. On y descend, on équipe, on cherche la suite. Il y a de beaux volumes, des puits, de l’eau… et des décisions délicates à prendre. L’exploration n’est pas une fuite en avant. Quand le risque devient trop élevé, quand la suite demanderait plus que ce que l’équipe peut raisonnablement engager, il faut savoir s’arrêter.

Début mars, les dernières missions ont une intensité particulière. Tout le monde sait que la fin approche. Au Camp 3, on tente encore un objectif au nord, on vérifie une hypothèse, on retourne dans un canyon, on récupère du matériel, on filme les dernières progressions. Parfois, une surprise rallume l’attention. Parfois, le terrain ferme la porte. Les décisions deviennent plus nettes : continuer un peu, mais pas trop, récupérer ce qui doit l’être,  préparer la fin de la mission.

Plier les camps et repartir avec des questions

Puis l’expédition change de sens. Il ne s’agit plus d’engager, mais d’organiser le repli. Déséquiper les cordes, récupérer les amarrages quand c’est possible ou nécessaire, ramener les sacs, préparer les zones de dépose, organiser les charges, ne rien oublier dans la forêt. Le 8 mars, le retrait final commence précisément par l’arrivée de l’hélicoptère de Kimbé à 7 h 15. Cette précision dit beaucoup : après des semaines de mouvement, il faut maintenant que tout se déroule dans le bon ordre et dans le temps imparti.

Les camps se vident. Le Camp 3 disparaît peu à peu sous les bâches pliées et les sacs alignés, il en est de même pour le Camp 2. Peu à peu, le matériel redescend. L’hélicoptère fait son ballet de clôture. À Galowe plage, on charge, on trie, on rassemble. Les jours suivants sont consacrés au rangement, au stockage des caisses, aux inventaires de matériel, de vivres restant, de pharmacie, ainsi qu’aux dernières discussions avec les habitants et les responsables locaux. Une expédition se juge aussi à sa manière de conduire son repli.

Le retour vers Rabaul puis Port Moresby ramène l’équipe vers un monde plus ordinaire : vols, bâtiments, conférences, corps fatigués qui retrouvent un peu de confort sous des températures toutefois accablantes. Le 15 mars, une conférence de presse et une conférence publique co-organisée avec les services de l’Ambassade de France et son ambassadeur Monsieur Pierre Fournier, permettent de présenter les premiers résultats. Les journalistes, les partenaires, les scolaires  et les institutionnels présents entendent ce qui s’est joué là-haut, dans la forêt et sous terre deux mois durant.

À la fin, tout n’est pas résolu. Et c’est peut-être le signe que l’expédition a réussi. Mayang n’a pas livré tous ses secrets, et les pistes laissées ouvertes sont dorénavant plus nombreuses que jamais. Le travail qu’il reste à accomplir dans le complexe Valngau-Ralapussa pour atteindre son fond semble colossal, et la résurgence de Mayang n’a livré aucun de ses secrets. Des données scientifiques doivent également être analysées. Une suite est déjà évoquée, peut-être en 2028. On repart donc avec plus de 5 kilomètres de réseaux explorés, une jonction majeure effectuée entre l’entrée supérieure de Valngau et Ralapussa, des observations scientifiques, des images pour un film, des liens humains renforcés, mais aussi avec cette frustration fertile qui donne envie de revenir.

Ce que raconte Mayang 2026, au fond, c’est la vraie nature d’une grande expédition. Ce n’est pas une ligne droite vers la découverte. C’est une suite de problèmes à résoudre : des caisses de matériels en retard, des autorisations toujours très sensibles à confirmer, un cheminement de surface permettant de rallier le village de Galowe à Mayang qui n’a pu aboutir, deux phénomènes de crues majeures qui ont portés leur lot de fil à retordre pour les explorateurs, des camps à tenir, une relation locale à nourrir, une galerie qui se ferme, une autre qui s’ouvre. La découverte n’arrive pas malgré tout cela. Elle arrive grâce à tout cela.

Derrière les noms de gouffres, de camps et de rivières, on voit une équipe qui avance dans l’incertitude, portée par une idée simple : quelque part sous Mayang, l’eau a creusé une histoire que personne n’a encore entièrement lue. En 2026, Centre Terre en a tourné quelques pages. Les suivantes attendent encore dans le noir.

Yourte 2023 (SCOF et interclub)

 Picos de Europa, Massif Occidental (Macizo del Cornión)

Hubert Fabriol

Le camp Picos s’est déroulé du 27 juillet au 9 aout 2023. Une innovation cette année : nous avons occupé deux lieux de camps. Le premier à l’emplacement habituel de Fuente Prieta, à 2100 m d’altitude, pour explorer la partie haute de la zone dévolue au SCOF depuis 1975. Le second à 900 m sur la rivière Dobra, à proximité des résurgences de cette zone. 12 spéléos au camp d’altitude et 6 spéléos (plus 6 enfants !) sur le Dobra. Pas de grande découverte si ce n’est la jonction entre le FP 208 et le FP258 qui permet une traversée de 8-10h avec un point bas à – 420 m par rapport à l’entrée du 208 et suite du relevé topo jusqu’à – 430 m dans le 208 (voir les rapports 2021 et 2022). Sur le Dobra le niveau très bas de l’eau a permis de descendre dans la résurgence de Dobraseca et des entrée prometteuses ont été repérées vers 1500 d’altitude. Comme d’habitude : encore et toujours du pain sur la planche pour 2024 !

Expédition Khaophuthong Khaothakhanun 3

A l’instar des précédentes, l’objectif de cette expédition, est de poursuivre l’exploration du karst, dans la région de Kanchanaburi .Cette région située à 200.00km au Nord de Bangkok est drainée principalement par la Mae Nam Kwae Noi, qui entaille sur quelques centaines de kilomètres des massifs calcaires datant du Permo-Carbonifère, qui présentent une puissance moyenne de 700m.

L’équipe du Spéléo club de Caniac du Causse(S3C Sunanta Losuwan, Alexis Rateau, Didier Rateau), renforcée de Christophe Rognon, et Gérald Jouillerot, tous deux du Département du Doubs, va privilégier les raids en équipes légères, avec bivouacs sommaires. Sur les bases acquises , l’études des données géologiques, et photographies aériennes, une partie de la team positionne au préalable, les résurgences jalonnant la rivière Kwae sur une centaine de km en pirogues.

Autorisations en kit, obtenues auprès des différentes instances administratives , et propriétaires nous entrons dans la jungle .Sur Ban pilok, nous reprenons l’exploration de Tham Nam Pya Seaw, sur plus de 600m, et stoppons par manque de temps et matériel sur une dernière cascade de 18m.

Sur Khao Phu Thong, seul avec mes fidèles compagnons Karens Pida et Khao nous passons une semaine sur le massif après deux jours de crapahut hors-piste, explorons une partie du réseau Tham Nam Phi qui s’enfonce de plusieurs kilomètres sous la montagne, nous stoppons par manque de matériel à 3650m de l’entrée principale .Le Co²   et un orage auront raison de notre optimisme !

Tham Chai Boy (vu en 2018)qui est une entrée en aval du réseau, présente un débit moins important et le co² deviens acceptable a 3.2% nous permet d’espérer de shunter la portion pénible l’ exploration est stoppée par manque de matériel, et je suis seul avec deux Karens.

Tham Haob Krajok, la résurgence probable du système est plongée en reconnaissance par Christophe Rognon, avec du matériel bidouillé in situ vue a -20m plonge vers le sud dans le pendage et continue étroit et boueux.

Sur Erawan, nous prolongeons de quelques centaines de mètres Tham Nam Tok , le Co² encore une fois aura raison de nous, ce qui porte le développement à 1260métres.

Parfois quatre parfois deux, la progression en équipes légère nous a permis de prospecter un grand périmètre , mais a limité les possibilités de grandes explorations .Le courage, et la volonté ne suffisent pas à oublier le poids des sacs dans une jungle humide , hors des pistes connues.

Ban Bong ti Noi, ce nom inconnu, est devenu un objectif, invités par les villageois, nous avons exploré, découvert et redécouvert des sites ornés de peintures et gravures peu étudiés, ainsi que nombre de cavités .Les villageois nous invitent en 2020 à poursuivre les recherches.

En cours d’expédition nous allons rendre visite à Thierry Tournier , sur Lamphun, reconnaitre et explorer Tham Chian Dao (5170 m) ce qui donnera lieu à un compte rendu comique, nous explorons quelques cavités, dont une prometteuse, étant seul à descendre les puits , je me limite à quelques dizaines de mètres Thierry n’ayant aucun matériel.

A cette occasion nous nous retrouvons face à une découverte du corps d’un moine dans Tham To Nam dans une galerie que Thierry n’avait pas explorée, cette rencontre inattendue avec l’au-delà, nous entrainera dans une histoire formidable.

Les perspectives d’avenir sont très encourageantes , et nous préparons déjà l’éxpé de 2020.

Nous clôturons cette expédition par un passage a la grotte de Tham Luang , rendue célèbre par suite de la disparition des adolescents, bloqués plus de 10 jours par une crue !

Ainsi après trois mois formidables, nous clôturons a Bangkok cette expédition avec le professeur Chaiporn Siripornpibul, en charge de l’inventaire des cavités en thailande, nous le mettons en contact avec Thierry Tournier.

Merci à nos partenaires Aventure verticale, Petzl, Scurion, Rodcle. et bien sûr à la CREI pour les infos diverses principalement pour les conseils en dessin et reports topo.

Didier Rateau

www.khaophuthong-khaothakhanun.com

Ankarana 2019, Madagascar.

Objectifs atteints

  1. Butte de Iharana  : La prospection difficile de ce massif, à permis la découverte de plusieurs petites cavités et de la Grotte des piliers qui se développe sur 1059m. Cette cavité labyrinthique doit certainement alimenter la grotte du lac, mais il reste à trouver la jonction.
  2. Butte d’Antafiantsoka : A partir de la nouvelle entrée, nous avons pu explorer facilement les galeries situées dans la zone profonde de la cavité. La grotte  atteint maintenant 5 551m de développement et traverse complètement le massif.
  3. Massif de l’Analamera : Nous avons continué la prospection de la zone d’Ampondrabe, en repérant les résurgences éventuelles sur Google Earth. Les résultats n’ont pas été à la hauteur des espérances.
  4. En dernier ressort, nous avons repris l’ exploration de la Grotte d’Antsarahaso. 258m de nouveaux conduits ont été découverts. La grotte atteint maintenant 15 363m de développement.
  5. Ankarana: Grotte d’Abemapaye
  6. Ce n’était pas prévu au programme. Le broussard qui m’avait fait connaitre plusieurs cavités dans l’Andrafiamena me propose d’aller voir une nouvelle Grotte dans l’Ankarana. Après une longue marche, nous arrivons devant un beau tunnel avec de l’eau. Arrêt au bout de 393m, mon canot fuyait et la navigation paraissait longue.

Conclusion

         Nous avons découvert 4112m de nouvelles galeries dans 4 massifs différents, mais surtout, la grotte d’Abemapaye va nous permettre de pénétrer sous une zone de l’Ankarana Spéléologiquement inconnue.

Jean Claude Dobrilla

CHINEXPLOS, Expédition Spéléologique 2019- Guizhou & Guangxi

Chinexplo 2019 regroupe une équipe mixte de 14 spéléos Français, un Belge et quelques Chinois, du 10 novembre au 1 er décembre 2019.

Deux zones d’explorations sont au programme, la première dans la province de Guizhou puis la seconde dans celle du Guangxi.

Nous voilà à mi-parcours de l’expé, dans la ville de TangBien où depuis 10 jours nous repérons et explorons tiankeng littéralement « trou de ciel » en chinois (méga-doline géante), résurgences et autres grottes.

Les équipes s’organisent selon les appétences de chacun, pour le vertical, le maniement du coupe-coupe ou les cavités plus horizontales.

Au-delà de l’équipement et de l’exploration, un travail de topographie systématique est effectué, les soirées s’organisent principalement autour de ce report topo et de la préparation du lendemain.

A ce jour, 7 km de topo sont engrangées dont un tiankeng de plus de 360 mètres.

Il reste encore 3 jours sur ce secteur avant de partir plus au sud dans le Guangxi pour une dernière semaine de repérage et d’exploration que nous espérons riche en découverte.

https://china.explos.org/category/journalier/

Rassemblement dans Outaouais.

Nous nous réjouissons de voir approcher le Rassemblement annuel de la SQS qui se tiendra dans l’Outaouais du vendredi 30 août au lundi 2 septembre 2019.
Nous serons basés dans le magnifique environnement du camp scout IMPEESA du Lac-des-Loups, à la limite nord du parc de la Gatineau à 35 minutes de route de Gatineau : http://scoutsdeloutaouais.ca/impeesa/
Cet emplacement rustique est à proximité d’un large éventail de grottes et cavernes, en plus d’offrir d’autres activités de plein air.

Au programme :
Vendredi 30 août 2019, à partir de 14 h : Accueil et installation

Samedi 31 août 2019 : visites libres en journée, activités complémentaires : piste cyclable Low-Messine

Dimanche 1er septembre 2019 : compétition amicale de type biathlon-spéléo, visites libres en journée.

Lundi 2 septembre 2019 en avant-midi : visites libres, activités complémentaires. Démontage et départ en après-midi.

Autres détails à suivre sur le site de la SQS tels que des activités complémentaires, menu, restaurants, épicerie à proximité, etc.

www.speleo.qc.ca