Archives de catégorie : Papouasie

Expédition spéléologique au Laos, province de Khammouane : 8,5 km de topographies

L’expédition Khammouane 2026, organisée par l’association Explo-Laos et parrainée par la Fédération Française de Spéléologie, s’est déroulée du 19 février au 13 mars 2026 dans les provinces de Khammouane et accessoirement Salavan au Laos.

Dans la province de Khammouane, les prospections et explorations se sont intégrées dans le projet de création d’un Géoparc (UNESCO) dans l’aire naturelle protégée de Phou Hin Poun.   

Multiples jonctions

La poursuite de l’exploration de Tham Kadong Muay a permis de multiples jonctions et découvertes, portant son développement à 11342 m (dénivelée 202 m), ce qui en fait désormais une des grandes cavités du pays. Composée d’un étage actif et de deux étages supérieurs tous interconnectés, de très grandes galeries et de passages fortement concrétionnés, elle présente un parcours sportif très attractif. Le nombre d’entrées a été porté à 19, dont une atteinte de l’intérieur au prix d’une escalade de 50 m.

Tham Nam Koun, reconnue au début des années 2000 par l’Association Pyrénéenne de Spéléologie, a été reprise permettant de découvrir plusieurs passages jusque-là inconnus, portant son développement à 1977 m.

La topographie et exploration de Tham Van Ngo permit également de découvrir environ 300 m de nouvelles galeries, mais beaucoup de travail reste à y faire.

Des prospections permirent de topographier plusieurs nouvelles grottes, notamment Tham Jyp (930 m), Tham Hidden (305 m), Tham Mao (386 m).

L’expédition s’est terminée pour une partie de l’équipe dans la province de Salavan, où plusieurs cavités avaient été explorées en 2007/2008 par l’association. Nous y avons bénéficié d’un accueil très chaleureux des autorités locales. Nos guides nous ont demandé reprendre les explorations de Tham Phou Phasouk, très belle rivière souterraine désormais en partie aménagée pour le tourisme, dont le développement est de 4630 m. Nous avons équipé et topographié Tham Din 3, qui jonctionne avec la rivière (développement 286 m, dénivelée -61 m). Plusieurs autres petites cavités ont été reconnues sur le secteur.

Au total, 8499 m topographie ont été levés. 

Participants : 

Claude Antoine-Régnier (1), Alexis Augustin (2), Ben Doan (3), Lucie Esclavard (4), Jérôme Jouret (5), Pascal Mao (5), Pascal Orchamps (6), Jean-Michel Ostermann (3), Jean-Yves Paille (7), Virginie Pouyade (1).

(1) Spéléo Club du Cern, (2) Leize Mendi, (3) USA, (4) Groupe spéléologique, scientifique et sportif- G3S, (5) Spéléo Club d’Aubenas, (6) Spéléo-Groupe de la Tronche-FL, (7) Spring River- Ifremis).

Mayang 2026 : récit d’une expédition nationale au coeur de la forêt de Papouasie:

Avant la jungle, les caisses de matériel et les cartes !

Il y a des expéditions qui commencent au pied d’une montagne, sac sur le dos, machette à la main. Et puis il y a celles qui commencent bien avant : dans des caisses de matériel, des listes interminables, des demandes d’autorisation, des réunions, des plans de transport, des billets d’avion modifiés, des cartes griffonnées et des hypothèses tracées au crayon. Mayang 2026 appartient clairement à cette seconde catégorie.

Au départ, il y a un objectif immense : retourner en Papouasie-Nouvelle-Guinée, dans la région de Galowe et des hauts plateaux de Mayang, pour poursuivre l’exploration d’un territoire karstique encore très largement inconnu. Là-bas, l’eau disparaît dès qu’elle touche le sol, réapparaît plus loin, creuse des canyons, alimente des résurgences dont la majestueuse source de Mayang. Pour l’association d’exploration spéléologique Centre Terre, l’enjeu est clair : comprendre où passe cette eau qui alimente cette impénétrable émergence de Mayang dont le débit fluctue de quelques 10m3 à l’étiage à plus de 200m3 en crue, trouver les accès, relier les morceaux du puzzle, et documenter un monde presque vierge.

Féerie dans les entrailles des Mont Nakanaï.

Mais une expédition comme celle-là ne se résume pas à “aller voir”. Il faut tout emporter ou presque : cordes, amarrages, goujons, spits, matériel de plongée, compresseur, équipement de secours, pharmacie, électricité, outils de camp, systèmes pour collecter et purifier l’eau, instruments scientifiques, nourriture, moyens de communication. Une partie de ce matériel est acheminée par fret maritime, enfermée dans des caisses qui deviennent, à distance, aussi importantes que les membres de l’équipe. Tant qu’elles ne sont pas arrivées, l’expédition reste démunie pour conduire de véritables explorations.

Autour du noyau spéléologique se greffe aussi une équipe scientifique. Des chercheurs rejoignent le projet pour étudier la biodiversité, les insectes, les milieux aquatiques, la faune souterraine, les climats anciens conservés dans les stalagmites et les stalactites. Les cavités ne sont pas seulement des passages à ouvrir : ce sont des archives naturelles, des refuges biologiques, des laboratoires cachés. Sur le territoire de Mayang, on ne vient pas seulement chercher des kilomètres de galerie. On vient aussi chercher des réponses, découvrir un milieu naturel ou aucun être humain n’a mis le pied depuis plusieurs décennies au moins.

Et puis il y a la caméra. Une équipe de tournage accompagne l’aventure pour un film destiné à Arte. Cela change tout. Il faut progresser, explorer, prélever, équiper, déséquiper, mais aussi raconter, filmer, capter les visages, les gestes, les attentes, les inquiétudes, les moments où l’on comprend que quelque chose vient de se passer. Le film doit montrer ce que d’habitude personne ne voit : la lente fabrication d’une découverte au cœur d’une expédition ou chaque participant est un acteur, une composante d’un collectif.

Entrer sur le territoire !

L’arrivée en Papouasie-Nouvelle-Guinée ne se fait pas comme dans les récits trop lisses. Les membres arrivent en ordre dispersé, avec des retards, des vols annulés, des correspondances incertaines et des bagages qui ne suivent pas toujours le rythme. Les premiers jours se passent entre achats, vérifications, démarches et réunions. Il faut rencontrer les autorités, présenter le projet, consolider les accords, expliquer encore et encore pourquoi cette expédition a lieu, ce qu’elle vient faire, avec qui elle collabore, qu’elle est la philosophie de son projet et que va-t-elle concrètement pouvoir apporter aux villageois locaux qui se revendiquent à juste titre comme propriétaires légitimes du territoire de Mayang.

À Port Moresby puis dans la province d’East New Britain, les rendez-vous officiels s’enchaînent. On rencontre l’ambassadeur, des représentants locaux, des responsables institutionnels. Ces moments peuvent sembler loin des gouffres et des rivières souterraines, mais ils sont essentiels. Sans eux, pas d’autorisation claire, pas de confiance, pas de cadre. Et sans cadre, pas d’expédition durable, et pas de tournage d’un film documentaire de diffusion internationale à la clé.

Puis vient le contact avec Galowe. Là, l’aventure quitte les bureaux et entre dans le territoire. Il faut expliquer le projet aux habitants, discuter, écouter, ajuster. Il y a des cérémonies d’accueil, des poignées de main, des moments de tension aussi, des négociations, des incompréhensions à lever. Peu à peu, une alliance se construit mais le temps presse et tout cela doit être mené au pas de course sans toutefois risquer l’échec, c’est la besogne de Bernard, chef d’expédition, de ce projet complexe et de l’équipe de pré-expédition qui l’entoure. Dans cette négociation, il est clairement établi que des habitants de Galowe participent à l’ouverture des chemins, au transport, à l’installation des camps. L’expédition ne se pose pas dans un décor vide : elle entre dans un pays habité, et elle doit y trouver sa place et inclure les populations.

Héliportage.

L’expédition commence vraiment avec l’arrivée sur zone de hélicoptère. Dans un premier temps,  des reconnaissances sont réalisées au-dessus d’une jungle impénétrable. Il faut trouver des zones où poser un hélicoptère afin d’apporter matériels et équipiers. Cette phase achevée, les rotations s’enchaînent, on monte alors les participants, leur matériel individuel, les vivres… ça décharge, on trie, on répartit. Camp 1, Camp 2, puis Camp 3 : les noms deviennent vite des points fixes dans un monde compliqué. Chaque camp doit être construit à partir de rien. Il faut monter les abris, organiser les couchages, protéger la nourriture, installer les espaces communs, capter l’eau de pluie, la stocker, installer l’électricité, les moustiquaires, les communications. La vie d’expédition commence par des gestes très simples : tendre une bâche, accrocher un sac, trouver où dormir au sec.

Les camps et les premières pistes

Très vite, les premières équipes partent sur le terrain. On descend des canyons, on suit des rivières, on cherche des pertes, des résurgences, des gouffres, des indices. Autour de Mayang, de Galowe, de Ralapusa, de Lalu ou de Gauunu, chaque relief peut devenir une piste. La progression est rude : végétation dense, blocs glissants, ressauts, rivières, longues marches, visibilité parfois mauvaise. Il faut avancer, regarder, noter, revenir, repartir. La météo joue également sa partition, et il faut là aussi composer avec…

Les premiers jours rappellent une règle simple de l’exploration : le terrain ne donne rien sur commande. Une équipe croit tenir une suite, puis le passage se ferme. Une autre descend vers une résurgence prometteuse, mais les conditions sont mauvaises. Ailleurs, un canyon impressionne, une rivière attire, une entrée semble évidente, puis l’espoir retombe. On rentre fatigué, parfois déçu, toujours trempé. Mais, le lendemain, on recommence. Motivés !

Le Camp 1 connaît son lot de contrariétés. Les accès sont compliqués, les prospections fortuites ne donnent regard sur aucune cavité, et aucune des résurgences ciblées ne s’avèrent pénétrables. C’est la frustration et la déception… Une situation très familière aux explorateurs : tout indique qu’il devrait y avoir quelque chose, mais le terrain n’ouvre accès à rien.

Au Camp 2, en revanche, peu de temps après l’installation et de premières prospections, l’espoir d’une découverte importante naît au bout d’un chemin ouvert par nos guides papous. Une première vraie piste apparaît. On parle d’un objectif majeur, d’un secteur prometteur sur le plateau, d’un canyon, d’un lit de rivière, de puits à équiper. Rien n’est gagné, mais l’ambiance change. Ce n’est plus seulement de la prospection. Il y a une direction.

Et pendant que les équipes cherchent, le fret maritime se fait attendre. Les trois caisses remises au transporteur au 1er octobre 2025, ont bien quitté l’Europe, mais leur route jusqu’au terrain est une épopée à part entière. Après des retards et des transbordements non prévus, elles doivent ensuite passer par Lae au nord du pays, être dédouanée, puis être récupérées, et de nouveau transbordées vers Rabaul à l’est, puis vers Palmalmal au sud. Leur absence pèse sur tout : sans cordes, sans amarrages et sans matériel d’exploration, impossible d’aller bien loin dans les premières cavités repérées. L’expédition avance, mais avec une main dans le dos.

Embouchure de la Galowe, le village.

Quand le fret finit par arriver, au matin du 8 février, c’est un vrai basculement. Les caisses ne sont pas seulement du matériel : elles sont la promesse que la suite devient possible. A partir de là, il devient permis pour les participants de s’engager sous terre, également de prospecter certains canyons encaissés devant lesquels les équipes avaient jusqu’alors dû rebrousser chemin. Le moral remonte. La machine, jusque-là freinée, reprend de la vitesse.

Les jours suivants sont ceux de la réorganisation. On ouvre de nouveaux itinéraires, on déplace des équipes, on prépare une seconde phase plus offensive. Le 14 février voit le renouvellement d’une partie du personnel : certains arrivent et d’autres repartent.  C’est une journée charnière : beaucoup de mouvements, des rotations, du matériel repositionné, des décisions à prendre. Le Camp 1 est délaissé et le Camp 3 entre en scène.

Installer le Camp 3 demande un gros effort. Il faut trouver un nouvel emplacement, dégager, construire, rendre le lieu habitable, y amener tout le nécessaire. Ce camp ouvre l’accès à de nouveaux secteurs. À partir de là, l’expédition prend une autre profondeur. Côté Camp 2, un camp avancé dénommé camp Big Bag est également installé et devient aussi un point central : un lieu situé tout à proximité de la cavité de Ralapussa vers laquelle l’équipe Camp 2 concentre tous ses efforts.

La jonction et la science en marche

Dans Ralapusa les équipes progressent, équipent, explorent, cherchent à comprendre le réseau. Il y a des galeries, des puits, des rivières, des passages mouillants, des points d’arrêt et des suites qui finissent par apparaître…. Le rythme des explorations se séquence : équiper un puits, descendre, chercher l’air, suivre l’eau, topographier, revenir avec plus de matériel.

Entre-temps, en surface, au fil des prospections effectuées et des cheminements ouverts, une connexion de 5,7 kilomètres est finalement établie par voie pédestre entre les camps 2 & 3.

Pendant ce temps, la science suit son propre rythme. Les chercheurs observent, prélèvent, photographient, notent. On s’intéresse à la faune, aux insectes, aux milieux aquatiques, aux traces biologiques. On travaille aussi sur les stalagmites et les stalactites, ces archives lentes qui enregistrent des fragments de climat ancien. Une stalagmite peut raconter une pluie d’il y a des siècles. Une galerie peut abriter une espèce discrète. Une résurgence peut donner un indice sur tout un bassin. L’exploration physique ouvre les portes ; la science essaie alors de comprendre ce qu’il y a derrière.

Le film, lui aussi, avance. L’équipe de tournage suit les spéléologues, enregistre les départs, les retours, les temps passés sous terre, les moments de doute et les scènes de camp. Filmer dans ces conditions n’a rien d’un confort : humidité, fatigue, matériel fragile, accès difficiles, lumière rare. Mais c’est précisément cela qui donne de la force aux images. On ne filme pas seulement un paysage. On filme l’effort nécessaire pour l’atteindre.

Jacquinot Bay, village de Galowe. Déchargement du kérosène destiné aux héliportages.

À mesure que février avance, la fatigue s’installe. Les journées s’empilent. Il faut faire la lessive, sécher ce qui peut l’être, recharger les batteries, réparer, ranger, redistribuer les missions, repartir. Certains objectifs déçoivent, au point de se refermer. Des siphons arrêtent la progression. Quand des passages semblent trop dangereux, il convient de renoncer. Ce sont des décisions lourdes mais il faut savoir les prendre. Sur le Camp 3, l’espoir et l’usure cohabitent. On continue parce qu’il reste des choses à explorer, mais chaque tentative coûte plus cher que la précédente.

Le gouffre de Gauunu devient alors l’un des derniers grands espoirs. On y descend, on équipe, on cherche la suite. Il y a de beaux volumes, des puits, de l’eau… et des décisions délicates à prendre. L’exploration n’est pas une fuite en avant. Quand le risque devient trop élevé, quand la suite demanderait plus que ce que l’équipe peut raisonnablement engager, il faut savoir s’arrêter.

Début mars, les dernières missions ont une intensité particulière. Tout le monde sait que la fin approche. Au Camp 3, on tente encore un objectif au nord, on vérifie une hypothèse, on retourne dans un canyon, on récupère du matériel, on filme les dernières progressions. Parfois, une surprise rallume l’attention. Parfois, le terrain ferme la porte. Les décisions deviennent plus nettes : continuer un peu, mais pas trop, récupérer ce qui doit l’être,  préparer la fin de la mission.

Plier les camps et repartir avec des questions

Puis l’expédition change de sens. Il ne s’agit plus d’engager, mais d’organiser le repli. Déséquiper les cordes, récupérer les amarrages quand c’est possible ou nécessaire, ramener les sacs, préparer les zones de dépose, organiser les charges, ne rien oublier dans la forêt. Le 8 mars, le retrait final commence précisément par l’arrivée de l’hélicoptère de Kimbé à 7 h 15. Cette précision dit beaucoup : après des semaines de mouvement, il faut maintenant que tout se déroule dans le bon ordre et dans le temps imparti.

Les camps se vident. Le Camp 3 disparaît peu à peu sous les bâches pliées et les sacs alignés, il en est de même pour le Camp 2. Peu à peu, le matériel redescend. L’hélicoptère fait son ballet de clôture. À Galowe plage, on charge, on trie, on rassemble. Les jours suivants sont consacrés au rangement, au stockage des caisses, aux inventaires de matériel, de vivres restant, de pharmacie, ainsi qu’aux dernières discussions avec les habitants et les responsables locaux. Une expédition se juge aussi à sa manière de conduire son repli.

Le retour vers Rabaul puis Port Moresby ramène l’équipe vers un monde plus ordinaire : vols, bâtiments, conférences, corps fatigués qui retrouvent un peu de confort sous des températures toutefois accablantes. Le 15 mars, une conférence de presse et une conférence publique co-organisée avec les services de l’Ambassade de France et son ambassadeur Monsieur Pierre Fournier, permettent de présenter les premiers résultats. Les journalistes, les partenaires, les scolaires  et les institutionnels présents entendent ce qui s’est joué là-haut, dans la forêt et sous terre deux mois durant.

À la fin, tout n’est pas résolu. Et c’est peut-être le signe que l’expédition a réussi. Mayang n’a pas livré tous ses secrets, et les pistes laissées ouvertes sont dorénavant plus nombreuses que jamais. Le travail qu’il reste à accomplir dans le complexe Valngau-Ralapussa pour atteindre son fond semble colossal, et la résurgence de Mayang n’a livré aucun de ses secrets. Des données scientifiques doivent également être analysées. Une suite est déjà évoquée, peut-être en 2028. On repart donc avec plus de 5 kilomètres de réseaux explorés, une jonction majeure effectuée entre l’entrée supérieure de Valngau et Ralapussa, des observations scientifiques, des images pour un film, des liens humains renforcés, mais aussi avec cette frustration fertile qui donne envie de revenir.

Ce que raconte Mayang 2026, au fond, c’est la vraie nature d’une grande expédition. Ce n’est pas une ligne droite vers la découverte. C’est une suite de problèmes à résoudre : des caisses de matériels en retard, des autorisations toujours très sensibles à confirmer, un cheminement de surface permettant de rallier le village de Galowe à Mayang qui n’a pu aboutir, deux phénomènes de crues majeures qui ont portés leur lot de fil à retordre pour les explorateurs, des camps à tenir, une relation locale à nourrir, une galerie qui se ferme, une autre qui s’ouvre. La découverte n’arrive pas malgré tout cela. Elle arrive grâce à tout cela.

Derrière les noms de gouffres, de camps et de rivières, on voit une équipe qui avance dans l’incertitude, portée par une idée simple : quelque part sous Mayang, l’eau a creusé une histoire que personne n’a encore entièrement lue. En 2026, Centre Terre en a tourné quelques pages. Les suivantes attendent encore dans le noir.

Pha Hang 2025 au Laos : une vingtaine de cavités d’intérêt paléontologique

Du 6 au 26 janvier 2025 , trois spéléologues fédérés, Eric Suzzoni, Sébastien Frangeul, Jean Charbonnel et une dizaine de scientifiques, non spéléologues, membres de l’expédition paléoanthropologique organisée par le Museum National d’Histoire Naturelle (MNHN) dont le responsable est Fabrice Demeter ont participé à l’expédition Pha Hang 2025.  

Nous identifions, explorons et topographions des cavités potentiellement fossilifères, qui sont ensuites analysées par les géologues, puis exploitées par les paléontologues et les scientifiques d’autres spécialités (datation, ADN ancien, …).

En janvier 2025, nous avons prospecté une zone d’environ 50 km2 dans le secteur de Pha Hang, province de Hua Pan. Nous avons identifié et exploré une vingtaine de cavités, dont plusieurs ont révélé un intérêt paléontologique. Nous avons également poursuivi l’exploration de cavités ayant précédemment livré des fossiles en y réalisant notamment des escalades.

Accueillis par des coups de feu

La logistique des explorations est complexe. La zone de prospection est éloignée du lieu de vie, les déplacements se font nécessairement en 4×4 et de jour. Les entrées des cavités se situent presque toutes en bordure de plaines, sur des versants couverts de jungle, la progression à la machette y est lente et éprouvante. Les aspects de sécurité sont à prendre au sérieux, nous avons été accueillis un jour par des coups de feu bien que notre expédition soit tout à fait officielle.

Article paru dans Denisova XXI numéro 70 page 64.

Dans l’une des cavités explorées, nous avons découvert un ensemble de statuettes bouddhistes anciennes. Après communication aux autorités laotiennes, celles-ci ont envoyé une équipe d’archéologues procéder à la récupération des figurines, ce qui a donné lieu à un article dans la presse laotienne. 

La découverte a fait l’objet d’un article de presse.

Expédition spéléologique en Papouasie : documenter l’occupation ancienne des grottes

L’expédition spéléologique et archéologique conduite en Papouasie occidentale par l’association Regard sur l’Aventure, l’université de Griffith et le BRIN s’inscrit dans une démarche  visant à documenter, analyser et étudier un environnement souterrain encore largement inexploré et les traits de cote de l’ile de Misool.

Recherche sur les sociétés préhistoriques d’Asie

Située dans une région karstique dense et difficile d’accès, cette mission a pour objectif principal l’exploration de réseaux de grottes potentiellement riches en vestiges archéologiques et en données souterraines. En combinant des prospections sur la côte et dans le karst, des relevés topographiques et des analyses des dépôts, gravures et peintures anthropiques, l’expédition cherche à mieux comprendre les modalités d’occupation humaine passée dans une région ou ces voyageurs sont certainement venus. Par ailleurs, l’expédition ambitionne de contribuer à la constitution d’une base de données archéologique de la région de la Papouasie occidentale,  représentée dans la littérature scientifique. Cette initiative, conduite en collaboration avec des partenaires institutionnels et des chercheurs spécialisés en archéologie, géomorphologie et spéléologie, se veut à la fois exploratoire et contributive à la recherche sur les sociétés préhistoriques d’Asie du Sud-Est insulaire. Notre approche adoptée repose sur une articulation étroite entre observation de terrain, relevés techniques et analyses ou datation.

Composition de l’équipe 

Les archéologues australiens et indonésiens : L’équipe de chercheurs australiens et indonésiens utilise les nouveautés dans la science moderne pour retracer les chemins de ces premiers voyageurs marins afin de révéler de nouvelles perspectives sur la façon dont l’histoire humaine en Australie a commencé. Les connaissances générées par cette recherche profiteront aux chercheurs de deux manières. Tout d’abord, ce projet permettra de mieux faire connaître et reconnaître au sein de la société australienne le lien historique profondément ancien entre les peuples autochtones d’Australie et leur voisin du nord le plus important : l’Indonésie.

 Les spéléologues français : Reconnus pour leur maîtrise des environnements souterrains complexes et des expéditions, ils apportent leurs compétences techniques en exploration et en sécurité dans des zones difficiles d’accès. 

Balmier Franck, Maistre Guilhem, Courtois Olivier, Lucie Courtes, Geneau Anthony, Aubé Thierry, Maiffret Stéphane, Teulle julien, Yann Auffret, Luc Henri Fage, Fromento Bruno, Aubert Maxime, Adhi Agus Oktavania, Ambu, Zub’air Masud.

La Nouvelle-Guinée

Divisée en deux parties de superficies équivalentes entre la Papouasie occidentale intégrée à l’Indonésie (à l’ouest) et la Papouasie Nouvelle-Guinée indépendante (à l’est), la Nouvelle-Guinée est la deuxième plus grande île du monde (après le Groenland). Elle mesure environ 2 400 km de long et 650 km de large à son point le plus large, avec une superficie d’environ 800 000 km². Le terrain varie de la forêt tropicale de plaine aux hautes terres fertiles et à une colonne vertébrale montagneuse accidentée ; son climat est tropical.

Les sites d’explorations

L’ile de Misool dans les Raja Ampat. Un voyage dans cet archipel de quatre iles ou l’érosion galopante du karst n’a pas permis de découvrir les réseaux rêvés. Des gravures et des peintures ont été observées mais les datations n’ont pas été possibles.

Le karst d’Ayamaru : zone de Klabra

Une forêt dense, des accès compliqués et peu de temps ont eu raison d notre témérité. Une grotte aux gravures a été répertoriée dans le canyon de la rivière klabra.

La zone de Klamono : des découvertes et observations sur ce secteur avec des gravures rupestres et un réseau souterrain entraperçu. D’autre doline  sont situées plus à l’est mais les problèmes de santé et la fin de la mission pour une grande partie de l’équipe ne nous a pas permis d’aller voir ces effondrements.

Dans la continuité du projet de recherche Premiers voyages : Retracer les premiers mouvements de personnes, d’art et de culture sur la route du nord vers l’Australie et la Nouvelle guinée, nous planifions des expéditions sur d’autres secteurs de l’Indonésie.

Expédition spéléologique au Laos : 8900 mètres de topographie

L’expédition, organisée par l’association Explo-Laos et parrainée par la Fédération Française de Spéléologie, s’est déroulée du 27 février au 17 mars 2025 dans le secteur de Phou Pha Marn, à l’ouest du massif karstique de la province de Khammouane, suite à une reconnaissance effectuée en 2024 et en collaboration avec l’agence Green Discovery concessionnaire de la zone explorée. Plusieurs belles cavités existent sur ce secteur, partiellement visitées par les guides locaux notamment dans le but de développer le tourisme sportif à partir du site de Rock Viewpoint. Notre objectif était d’en poursuivre l’exploration et lever les topographies.

Tham Pong avec son puits d’entrée de 90 m

  • Tham Nanglong est une traversée avec belle rivière souterraine qui a livré 2945 m de galeries avec découverte de nombreux passages nouveaux
  • Tham Pong, magnifique gouffre avec P 90 dès l’entrée, a été topographié sur 525 m pour – 185 de profondeur
  • Tham Lom est formé d’une série de puits se terminant à -104 m sur un méandre ventilé mais impénétrable
  • Tham Kathoung, que nous avions explorée en 2013, a été prolongée de 922 m portant son développement à 4312 m
  • Tham Kouan Tung, particulièrement difficile d’accès au milieu des tsingys, a permis d’explorer 2942 m de conduits avec rivière souterraine creusée en partie sur une faille. Malgré de nombreuses escalades, aucune autre sortie n’a été pour l’instant découverte malgré le net courant d’air qui parcourt la cavité.
  • Tham Tonmay Khouay, large ouverture repérée en milieu de falaise, est une large grotte fossile topographiée sur 866 m. 
  • Tham Nam Ock est une large résurgence active en période de mousson dont le développement est de 555 m

L’expédition ramène donc 8900 m de topographie.

Par ailleurs, des prélèvements biospéléologiques ont été effectués dans chaque cavité.

Nous remercions notre ami Terry Bolger, MM Thongkhoon Sayalath et M. Olaxai.Saisouphanh de Green Discovery, ainsi que nos guides et chauffeurs.

Participants à K25

Claude Antoine-Régnier (Spéléo Club du Cern- SC Cern), Alexis Augustin (Leize Mendi), Lucie Esclavard (Groupe spéléologique, scientifique et sportif- G3S), Éric Kammenthaler (Leize Mendi), Bernard Lips (Groupe Spéléo Vulcain), Josiane Lips (GS Vulcain), Pascal Orchamps (Spéléo-Groupe de la Tronche-FL), Jean-Michel Ostermann (G3S), Virginie Pouyade (SC Cern), Serge Planès (Leize Mendi).

KAPKO 2023

Communiqué de Alexandra Rolland

Contexte :
Ce projet d’expédition au Laos a été élaboré par un regroupement de clubs spéléo de toute la France :
• Le Spéléo Club de Paris (SCP – Club Alpin Paris)
• La section spéléo du Club Alpin Marseille Provence (CAF MP)
• Le club Spéléo Canyon du Pays d’Aubagne (SCPA – ESCANDAOU)
• Le Spéléo Club d’Aubenas (SCA)
• Le Gruissan Prospection Spéléologie (GPS)
• L’Association des Barbastelles dʼIssy-les-Moulineaux pour lʼExploration Spéléologique (ABIMES)
• Le Spéléo Club Saint Marcellois (SCSM)
KAPKO 2023 s’inscrit dans la continuité des expéditions spéléo déjà réalisées dans la région de Vang Vieng
depuis 1998. La ville de Vang Vieng est située à cent kilomètres au nord de la capitale, Vientiane, au bord de
la rivière Nam Song, sous affluent du Mékong. Celle-ci représente un des principaux lieux touristiques du
Laos, entourée de massifs calcaires.
Notre expédition a été officiellement parrainée par la Fédération Française de Spéléologie (la CREI étant
actuellement inactive)

Résumé de l’activité:
Nos principaux efforts se sont tournés vers le réseau de Tham Houey Yé / Tham Pha Leusi, vaste complexe
de plus de 12 km de développement. Nous avons systématiquement descendu les puits demeurés
inexplorés les années précédentes faute de matériel et nous avons réalisé les escalades entrevues les
mêmes années.
Nous avons longuement prospecté le poljé situé au milieu des formations calcaires surplombant le Nord de
l’agglomération de Vang Vieng et nous sommes retournés dans toutes les cavités déjà connues de ce poljé.
Nous sommes également allés bivouaquer dans le poljé supérieur, accessible uniquement à pied depuis le
poljé inférieur précédemment cité : là encore, nos efforts n’ont donné que de maigres résultats en terme de
découvertes.
Enfin, nous avons réalisé des observations sur la faune et sur les différentes traces de fréquentation
animales des cavités.
Principales cavités explorées :

  • Résurgence de Tham Nam Yen
    • Réseau de Tham Houey Yé / Tham Pha Leusi
    • Perte de la Nam Ka
    • Système de la Nam Sang
  • Tham Gnaï
    • Tham Nam Them
    • Pha Boua Sud
    • Tham Pha Bong Est
    Principaux résultats :
  • Spéléologie :
    Tham Houey Yé :

    200 m de première topographiée dans le réseau ouest
    400 m de première explorée non topographiée dans le réseau ouest à proximité de l’entrée
    Tham Nam Ka :
    39/62

    150 m de galeries topographiées
    Perte de la Nam Sang Taï :

    300 m de première explorée non topographiée
    Tham Gnaï IV :

    100 m de première topographiée
    • Biologie :

    Observation des tubes d’argile de Tham Pha Bong Est
    qui sont incontestablement des constructions
    d’origine animale. Des échantillons de ces tubes ont été prélevés et nous sommes dans l’attente des
    résultats des analyses.

    Observation des chiroptères dans la grotte tunnel de Tham Nam Thèm.
    • Karstologie :
    Observations sur la spéléogénèse du réseau de Tham Houey Yé
    / Tham Pha Leusi.
    Mesures de conductivité électrique et premières interprétations de circulation des eaux souterraines
    le système de la Nam Sang.
    Préparation de l’expédition et relations officielles avec les autorités laotiennes :
    dans
    Lors de la préparation de notre expédition, nous avons pris contact avec l’ambassade du Laos à Paris et
    nous avons rencontré un de ses membres le 7 février 2023 qui nous a mis en contact avec le Ministère de
    l’Information, de la Culture et du Tourisme (MICT).
    Parallèlement, nous avons contacté une agence de tourisme, Green Discovery Laos, afin qu’elle nous
    assiste pour obtenir les autorisations officielles pour notre expédition.
    À la fin de notre expédition, lors de leur retour vers la France, plusieurs membres de KAPKO 2023 ont
    rencontré des membres du MICT afin de leur présenter nos résultats. Ainsi, il ressort de cet entretien que le
    Ministère souhaite promouvoir une montée en gamme qualitative du tourisme dans la région de Vang Vieng.
    Ainsi, il nous a fait part de sa volonté de préserver les grottes et d’améliorer les conditions de leur
    exploitation à des fins touristiques. La possibilité d’une collaboration plus formelle avec les spéléos français
    a été évoquée afin d’aider le Laos à progresser dans la pratique de la spéléo ainsi que dans l’organisation
    de visites à vocation touristique
  • Les perspectives :
  • Beaucoup de travail d’exploration et de topographie reste à faire dans le réseau de Tham Houey Yé / Tham
  • Pha Leusi. D’autres cavités telles que la perte de la Nam Sang et les grottes du Sud du Pha Boua
  • mériteraient également la poursuite des travaux d’exploration. Toutefois, nous envisageons également
  • d’organiser une prochaine expédition sur des territoires plus au Nord que la région située à proximité
  • immédiate de Vang Vieng.

KAPKO 2023

Rapport préliminaire de l’expédition

Communiqué de Olivier Luschevici

Ce projet d’expédition au Laos a été élaboré par un regroupement de clubs spéléo de toute la France :

  • Le Spéléo Club de Paris (SCP – Club Alpin Paris)
  • La section spéléo du Club Alpin Marseille Provence (CAF MP)
  • Le club Spéléo Canyon du Pays d’Aubagne (SCPA – ESCANDAOU)
  • Le Spéléo Club d’Aubenas (SCA)
  • Le Gruissan Prospection Spéléologie (GPS)
  • L’Association des Barbastelles dʼIssy-les-Moulineaux pour lʼExploration Spéléologique (ABIMES)
  • Le Spéléo Club Saint Marcellois (SCSM)

KAPKO 2023 s’inscrit dans la continuité des expéditions spéléo déjà réalisées dans la région de Vang Vieng depuis 1998. La ville de Vang Vieng est située à cent kilomètres au nord de la capitale, Vientiane, au bord de la rivière Nam Song, sous affluent du Mékong. Celle-ci représente un des principaux lieux touristiques du Laos, entourée de massifs calcaires.

L’équipe

  • Magali ARCANGELI (SCPA)
  • Rose-Marie ARNAUD (CAF MP)
  • Sabrina BERLENDIS (SCPA)
  • Jean-Marie BRIFFON (GPS)
  • John CARTER (SCPA)
  • Fabien COUTURIER (ABIMES)
  • Bruno DELPRAT (SCP)
  • Christophe DUVAL (SCPA)
  • Claude-Pascale DUVAL (SCPA)
  • Claire FALGAYRAC (GPS)
  • Ivan GRENETIER (SCP)
  • Marion HAYE (SCA)
  • Olivier HELENE (SCPA)
  • Jérôme JOURET (SCA)
  • Christophe LONGIN (SCA)
  • Joris LOYE (SCSM)
  • Olivier LUSCHEVICI (CAF MP)
  • Louis RENOUARD (SCP)
  • Alexandra ROLLAND (SCPA)
  • Vassilissa VINOGRADOFF (SCPA)
  • Alexandre ZAPPELLI (SCPA)

Nos principaux efforts se sont tournés vers le réseau de Tham Houey Yé / Tham Pha Leusi : vaste complexe de plus de 12 km de développement. Nous avons systématiquement descendu les puits demeurés inexplorés les années précédentes faute de matériel et nous avons réalisé les escalades entrevues les mêmes années.

Nous avons longuement prospecté le poljé situé au milieu des formations calcaires surplombant le Nord de l’agglomération de Vang Vieng et nous sommes retournés dans toutes les cavités déjà connues de ce poljé. Nous sommes également allés bivouaquer dans le poljé supérieur, accessible uniquement à pied depuis le poljé inférieur précédemment cité : là encore, nos efforts n’ont donné que de maigres résultats en terme de découvertes.

Enfin, nous avons réalisé des observations sur la faune et sur les différentes traces de fréquentation animales des cavités.

Principales cavités explorées :

Résurgence de Tham Nam Yen

Réseau de Tham Houey Yé / Tham Pha Leusi Perte de la Nam Ka

Système de la Nam Sang Tham Gnaï

Tham Nam Them Pha Boua Sud Tham Pha Bong Est

Principaux résultats :

Spéléologie :

Tham Houey Yé :

200 m de première topographiée dans le réseau ouest

400 m de première explorée non topographiée dans le réseau ouest à proximité de l’entrée

Tham Nam Ka :

150 m de galeries topographiées

Perte de la Nam Sang Taï :

300 m de première explorée non topographiée

Tham Gnaï IV :

100 m de première topographiée

Biologie :

Observation des tubes d’argile de Tham Pha Bong Est qui sont incontestablement des constructions d’origine animale. Des échantillons de ces tubes ont été prélevés et nous sommes dans l’attente des résultats des analyses.

Observation des chiroptères dans la grotte tunnel de Tham Nam Thèm.

Karstologie :

Observations sur la spéléogénèse du réseau de Tham Houey Yé / Tham Pha Leusi.

Mesures de conductivité électrique et premières interprétations de circulation des eaux souterraines dans le système de la Nam Sang.

Préparation de l’expédition et relations officielles avec les autorités laotiennes :

Lors de la préparation de notre expédition, nous avons pris contact avec l’ambassade du Laos à Paris et nous avons rencontré un de ses membres le 7 février 2023 qui nous a mis en contact avec le Ministère de l’Information, de la Culture et du Tourisme (MICT).

Parallèlement, nous avons contacté une agence de tourisme, Green Discovery Laos, afin qu’elle nous assiste pour obtenir les autorisations officielles pour notre expédition.

À la fin de notre expédition, lors de leur retour vers la France, plusieurs membres de KAPKO 2023 ont rencontré des membres du MICT afin de leur présenter nos résultats. Ainsi, il ressort de cet entretien que le Ministère souhaite promouvoir une montée en gamme qualitative du tourisme dans la région de Vang Vieng. Ainsi, il nous a fait part de sa volonté de préserver les grottes et d’améliorer les conditions de leur exploitation à des fins touristiques. La possibilité d’une collaboration plus formelle avec les spéléos français a été évoquée afin d’aider le Laos à progresser dans la pratique de la spéléo ainsi que dans l’organisation de visites à vocation touristique.

Les perspectives :

Beaucoup de travail d’exploration et de topographie reste à faire dans le réseau de Tham Houey Yé / Tham Pha Leusi. D’autres cavités telles que la perte de la Nam Sang et les grottes du Sud du Pha Boua mériteraient également la poursuite des travaux d’exploration. Toutefois, nous envisageons également d’organiser une prochaine expédition sur des territoires plus au Nord que la région située à proximité immédiate de Vang Vieng.

Expédition Khammouane 2019 (Laos)

   Du 22 février au 16 mars, dix membres de l’association Explo-Laos (Alexis Augustin, Terry Bolger, Didier Gignoux, Basile Gignoux, Aude Hourtal, Bernard Lips, Josiane Lips, Benoit Martinez, Jean-Michel Ostermann, Daniel Pioch) ont poursuivi les explorations dans l’aire naturelle protégée de Hin Nam No, à la demande de ses gestionnaires, et avec l’appui logistique de GIZ (Ministère Allemand de la coopération).

Les explorations se sont déroulées dans les zones de Ban Tang, puis Ban Nong Ping. Une troisième semaine a été consacrée à rétablir des contacts sur la vallée de la Nam Hin Boun précédemment explorée, et à poursuivre les investigations dans la province de Salavanne (Tham Din).

Dans la région de Ban Tang au nord de l’aire naturelle, poursuivant les explorations de K16 et K18, 12 cavités ont été visitées, dont Tham Kway (belle cavité passée de 1.000 à 2.443 m), Tham Saphong (passée de 445 m à 558 m) ; une zone karstique près de la frontière vietnamienne a été reconnue (plusieurs exsurgences impénétrables, courant d’air). Plusieurs autres cavités d’intérêt limité ont été explorée sur indication des villageois. L’accès au grand poljé au nord de la zone a été reconnu pour de futures prospections.

Dans la région de Ban Nong Ping, 8 cavités situées en aval de l’exsurgence ont été explorées dont Tham Hoï (650 m), Tham Yeung (791 m) et Tham Khiewkout (140 m) ; un raid de deux jours dans le poljé en amont de l’exsurgence de la Xé Bang Faï a permis un nouvel accès à l’immense rivière souterraine (Tham Kuan Kiew : dvt 603 m, dén – 149m) via une grande salle concrétionnée dont l’entrée est située à mi- pente (altitude 345 m), avec très fort courant d’air; par contre le puits soufflant Hou Inkeo, repéré à la fin de K18, n’a pas débouché sur des galeries pénétrables (dvt 150 m, dén – 50 m).

L’expédition K19 a permis de lever la plupart des points d’interrogation laissés au cours de K18 (hors siphons), et de topographier 4800 m de galeries nouvelles.

Durant toutes les explorations, un important matériel biologique a été recueilli, et permettra certainement encore la découverte de nouvelles espèces comme en 2016.

Dans la province de Salavanne, en troisième semaine (écourtée pour cause de problème avec le véhicule 4×4 loué), l’équipe réduite à 5 participants a été très bien accueillie par les autorités locales au plus haut niveau (Gouverneur). La recherche de nouvelles entrées du réseau Tham Din (découvert au cours des deux précédentes expéditions, maintenant ouverte au public) n’a pas donné de résultat, mais une perte a été repérée en fin d’expédition. Des escalades (~ 80 m) ont confirmé la présence d’un réseau fossile
(exploration à venir… ).

Des contacts fructueux ont été pris afin de permettre la poursuite des explorations dans le Khammouane, ainsi que pour le stockage du matériel laissé sur place.

K17 Poljé est rentrée ! (Laos – Khammouane)

Entrée grotte Photo Jean Camplo
Entrée grotte Photo Jean Camplo

9 km de premières et de topos pour les 10 spéléos de l’expé K17 Poljé et des milliers de super souvenirs !

Grande ambiance de groupe pour ces 10 amis, dans le superbe karst du poljé de Ban Vieng au Laos central (province de Khammouane). Quinze jours d’explos diverses, d’escalades dantesques, de vipères à cornes cachées sous les blocs, de marche sur tsynguis en pleine chaleur, de bivouac et de grosses sorties sous terre… et aussi de bons moments festifs. Il faut de tout pour réussir une expé.

L’équipe spéléo K17 poljé tentant d’être sérieuse. Photo Jean Camplo
L’équipe spéléo K17 poljé tentant d’être sérieuse. Photo Jean Camplo

Le site de l’expédition était un vaste poljé du Laos central comportant plusieurs grands réseaux jusqu’à 14 km de développement. Il est situé au nord d’une cavité que nous explorons, nommer Houay Saï – Khoun Dôn (résurgence) dont le réseau développe 45 km et qui était poursuivie par une autre équipe au même moment.

Les cavités laotiennes sont très riches en concrétionnements, notamment en perles. Photo Jean Camplo
Les cavités laotiennes sont très riches en concrétionnements, notamment en perles. Photo Jean Camplo

Il s’agit d’un karst très découpé, parfois en pitons, parfois très compact et difficile d’accès. L’objectif de l’expé K17 poljé était de poursuivre les explorations et les prospections sur ce secteur déjà parcouru par plusieurs expés. Chose faite. Reste à faire le rapport qui sera téléchargeable sur le site www.explolaos.com où se trouvent déjà les anciens.

Prospection dans les tsynguis laotiens, à la recherche de nouvelles cavités. Photo Jean Camplo
Prospection dans les tsynguis laotiens, à la recherche de nouvelles cavités. Photo Jean Camplo

La moitié des membres de l’expédition ont ensuite réalisé un repérage sur d’autres secteurs du Khammouane pour commencer à préparer une expé K18, car, bien évidemment, nous poursuivrons nos travaux sur le Khammouane… et surtout ensemble !

L’équipe spéléo K17 poljé dans son état naturel. Photo Jean Camplo.
L’équipe spéléo K17 poljé dans son état naturel. Photo Jean Camplo.

Participants : Jean-Pierre Bartholyens, Jean Camplo, Paul Cordier, Julien Fouquet, Luc Galéa, Florence Guillot, Florian Hof, Michel Isnard, Didier Lescure et Véronique Olivier (8 Français, un Suisse et un Belge).

Prise de relevés topographiques sous terre. Photo Jean Camplo.
Prise de relevés topographiques sous terre. Photo Jean Camplo.

Expédition parrainée par la FFS et la FSE.