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CHINEXPLOS, Expédition Spéléologique 2019- Guizhou & Guangxi

Chinexplo 2019 regroupe une équipe mixte de 14 spéléos Français, un Belge et quelques Chinois, du 10 novembre au 1 er décembre 2019.

Deux zones d’explorations sont au programme, la première dans la province de Guizhou puis la seconde dans celle du Guangxi.

Nous voilà à mi-parcours de l’expé, dans la ville de TangBien où depuis 10 jours nous repérons et explorons tiankeng littéralement « trou de ciel » en chinois (méga-doline géante), résurgences et autres grottes.

Les équipes s’organisent selon les appétences de chacun, pour le vertical, le maniement du coupe-coupe ou les cavités plus horizontales.

Au-delà de l’équipement et de l’exploration, un travail de topographie systématique est effectué, les soirées s’organisent principalement autour de ce report topo et de la préparation du lendemain.

A ce jour, 7 km de topo sont engrangées dont un tiankeng de plus de 360 mètres.

Il reste encore 3 jours sur ce secteur avant de partir plus au sud dans le Guangxi pour une dernière semaine de repérage et d’exploration que nous espérons riche en découverte.

Shuanghe long 2019

Cette expédition est restée sur Suiyang Shuanghedong, où nous avons aussi tenu le stage annuel de l’école de spéléo.
Participants : Anne Cholin, Bruno Hugon, Cécile Pacaut, Eric Sanson, Eric David, Gianluca Melis, Jean Bottazzi, Jean-François Fabriol, Marc Faverjon, Marco Lunardi, Maud Faverjon, Silvia Arrica, Yves Marang.
En plus du parrainage CREI-FFS, l’expédition avait aussi reçu le parrainage de la Societa Speleologica Italiana.
Déroulement : Les conditions météo étaient plutôt favorables, les routes ouvertes et les chauffeurs ont vaillamment fait face aux difficultés dues à la boue des premiers jours. Nous étions logés à Shuanghe même dans des conditions logistiques optimales avec une salle pour nos réunions et une autre pour stocker le matériel à coté des chambres.
Des équipes de journalistes locaux et de la télé japonaise NHK nous ont parfois accompagnés pour faire des images sans beaucoup nous perturber dans nos explorations.
Les maux de ventre ont frappé un nombre important de participants de façon plus ou moins longue et parfois totalement incapacitante…
Nous nous étions donné pour priorité la grotte de Huoyanping. En bas du grand puits, nous avons topographié 1854 m et porté la profondeur de ce système à 533 m. Le développement total est maintenant de 10 km, mais les principales branches explorées ne continuent pas.  Nous avons également photographié les nombreux ossements dispersés en bas du grand puits avec l’aide d’une équipe d’assistants de l’université de Guiyang.
En misant sur l’absence de crue, nous avons pu réaliser à -355 m la jonction entre Xinjiawandaxiaokeng et le réseau de Shuanghe dans le méandre gratiné aux choux-fleurs de Xinjiawanliangfengdong. La cavité présentant encore une branche intéressante à explorer, étant plutôt difficile, physique et mobilisant relativement peu de matériel, elle n’a pas été déséquipée. Cette exploration a permis, au terme de 239 m de topographie, d’ajouter 3,7 km au réseau.
Toujours en profitant d’une météo stable, nous avons pu poursuivre l’exploration d’une cavité techniquement difficile et comportant de nombreuses cascades : Yangjiagoudaxiaokeng. La jonction avec le réseau de Shuanghe a pu être faire in extremis à la profondeur de -473 m et au bout de 881 m dans la rivière d’Ain de Duiwodong. La plupart des cordes ayant peu de chances de survivre à des épisodes de fortes crues, les cordes engagées, plus de 500 m, ont été retirées. Cette jonction a augmenté le développement du réseau de plus de 3 km. Yangjiagoudaxiaokeng est la nouvelle entrée haute du réseau dont l’extension verticale est maintenant de 665 m.
Liangfengdong, une petite résurgence, dont l’entrée est la plus basse explorée sur le secteur, a été poursuivie. L’amont actif principal a été remonté jusqu’à déboucher en surface par une entrée qui nous était inconnue. 1373 m ont été topographiés, la grotte développe désormais 2532 m et la traversée présente un dénivelé de 186 m.
Au registre des grottes dont l’exploration a été poursuivie pendant l’expé, on trouve aussi Luoshuikong où l’aval principal, qui coule dans une fissure, a été prolongé de 459 m.
Dans le réseau lui-même, deux explorations seulement ont été entreprises L’une dans Shanwangdong, 121 m, l’autre dans Mahuangdong, 1030 m.
Nous avons également exploré depuis leur entrée 12 autres cavités totalisant 1872 m. La plus impressionnante est le P300 de Ganjiawanxiaokeng qui descend directement de la surface au niveau de base local ou malheureusement il n’y avait pas de continuation exondée lors de l’exploration.
Au total, l’expédition a exploré et topographié 7, 9 km de cavités.
Jeff et Yves, Sylvia et Gianluca  ont consacré l’intégralité de leur temps à la photographie, avec le soutien ponctuel et indispensable de participants et des spéléos chinois, y compris des pompiers, offrant une autre façon de montrer ce qu’est ce réseau fantastique.
La longueur topographiée du réseau de Shuanghe à l’issue de cette expédition est de 257,366 km, il comporte 62 entrées et son dénivelé est désormais de 665 m.
Le massif comporte 164 autres cavités topographiées totalisant 89 km et 192 entrées.
On peut remarquer que depuis que le développement de 100 km a été franchi, chaque année, le réseau grimpe d’un rang au palmarès mondial des cavités les plus longues. Cette année, il s’en est fallu de très peu, 366 m. Bien que le nombre de points d’interrogation sur la topo ne fasse qu’augmenter, la difficulté et l’engagement des explorations ne dépend maintenant plus seulement de leur éloignement depuis l’entrée mais de la nécessité de réaliser des traversées depuis des entrées de plus en plus élevées et donc des cavités jeunes, actives et parfois étroites. Le rôle des spéléos chinois est de plus en plus important, il est certain que la présence notamment de Xiaoheima (Zhao Fei) et Xiaocong (Liu Jia) a très positivement impacté les explorations.
Une conférence de presse s’est tenue en fin d’expédition, nous avons insisté sur la nécessité de déclencher des études archéo-paléontologiques notamment sur le site de Huoyanping.

Karanzave 2019 au pays de l’arche perdue, Arménie et Artsakh.

Pour faire suite à une première reconnaissance effectuée en mai-juin 2018 par Annie et Serge Caillault, une deuxième est élaborée fin 2018 avec 6 personnes potentielles, toutefois ce seront 3 personnes (+ 2 personnes non fédérées la première semaine) présentes sur les deux semaines effectives, alliant tourisme et reconnaissance, sur les secteurs de Yerevan (nord-ouest et est), Goris (dont une journée en Artsakh ou Haut-Karabakhc) et d’Areni.

https://en.wikipedia.org/wiki/Republic_of_Artsakh

Dans le secteur de Goris, zone volcanique « lessivée » par une période de glaciation, la visite se portera sur des sites troglodytiques, plus ou moins fréquentés, certains d’ailleurs se situent dans des secteurs très sauvages et inaccessibles sans véhicule 4×4, ce sera à cette occasion que nous obtiendrons un visa pour pénétrer en Artsakh et ressortirons du dit territoire par des chemins de traverse sans démarche administrative !

Dans le secteur d’Areni-Noravank, zone nettement plus calcaire, un porche repéré en 2018 est atteint par une escalade en libre d’une quinzaine de mètres donnant dans une baume sans issue, retour en désescalade, la roche étant trop pourrie pour y planter le moindre spit !

Nous envisagions la visite de la grotte Magel ou Magil (gorges de Noravank, développement environ 1700 mètres) avec courant d’air, vue partiellement en 2018 par Serge, mais les entrées sont bien verrouillées par des grilles cadenassées, un contact à la grotte d’Areni-1 nous autorise la visite accompagnée moyennant 10 000 drams (environ 20 euros par personne), nous déclinons cette offre, ne souhaitant pas cautionner ce type de pratique. La topographie de cette cavité pourrait être un objectif d’une prochaine expédition.

Même objectif pour la grotte Mozrov (développement environ 700 mètres) (photographiée en 2018 par Serge), dans le même massif.

Nous avons profité du colloque international « ArmConference 2019 september 11-13 » à Yerevan pour prendre quelques contacts et avoir le programme de cet évènement.

http://armconference2019.com/

Le programme est là :

ArmConference 2019 International Conference  »Caves as Natural and Cultural Monuments » dedicated to the 35th anniversary of the Speleological Center of Armenia.

http://armconference2019.com/…Program_and_Abstracts_book-0011-1.pdf

Comme en 2018, ce séjour reste une reconnaissance, il est nécessaire de définir les zones karstiques et fiabiliser les contacts arméniens.

Remerciements à Lilya et Annie Caillault pour la gestion de la logistique en Arménie.

 

 

Ethiopie 2019

L’expé Ethiopie 2019 s’est déroulé du 14 au 29 septembre 2019. Elle regroupé un membre de la JBritish Caving Association est 3 personnes fédérés à la FFS. Fin septembre en Ethiopie est la fin de la saison des pluies, mais les pistes elles sont loin d’être facilement praticables. Malgré ce petit aléa, nous avons exploré 13 cavités.

Les résultats sont aux rendez-vous ! Nous avons topographié une cavité horizontale, parcourue par les villageois, qui a énormément de concrétions, draperies, excentriques, fistuleuses… Un vrai bijou exploré sur 500 m avec arrêt sur manque de temps, mais qui continue !

Antoine AIGUEPERSE

Grotte de Lifou

Avec l’autorisation des responsables coutumiers et l’aide d’amis , nous avons pu explorer et topographier 1591,07 mètres de galeries souterraines dont 733 mètres de rivières souterraines, dans les 3 districts de l’ile. Une interview radio a été réalisée afin de diffuser la connaissance sur le sous sol de Lifou.

La grotte de Jintresij (lössi) devient la 3ième plus importante de Lifou (et de calédonie) avec 5280 mètres dont 1033 mètres de rivières souterraines.

Le terminus de la galerie noyée se fait de l’autre coté de l’obstruction de la fin 2018 dans une fracture proche de la falaise interne de l’ancien bourrelet récifien. La galerie principale trouvée cette année est perdue sur un changement de direction important dans une grande salle basse. La suite sera en 2020. Pour ces plongées, je dois utiliser un bi 7 litres dorsal, et une bouteille relais de 6 litres laissée à 400 m de l’entrée, un relai 10 litres laissé à 640 mètres de l’entrée. L’importance du matériel à transporter demande une aide pour l’accès dans la forêt puis dans la grotte.

Une question reste posée, pourquoi l’eau du lac situé a 1,5 km de la mer est saumâtre, alors qu’elle redevient douce a 300 m plus loin, a la même distance en ligne directe de la mer. On retrouve la même chose dans la partie sèche où les lacs près de l’entrée sont saumâtres quand sont situés a un kilomètre et plus près de la mer redeviennent non salés. Cela pourrait indiquer une grosse galerie à trouver, qui relierait la mer au lac de départ et viendrait polluer l’eau douce à chaque marée?

Dans la partie exondée, des traces de passages anciens, nous ont guidé par un passage étroit vers une immense salle donnant sur une entrée dans une doline anciennement cultivée. Celle ci est bien visible sur les photos aériennes. Le lac de près de 100 m de long proche de l’entrée a été parcouru. Il semble qu’un départ de galerie noyée existe  à son extrémité. L’eau rapidement troublée par un gros dépot de guano ancien n’a pas permis de confirmer cette impression. A suivre, tout comme la recherche du passage qu’empruntent les chauve souris pour se retrouver ici.

Oblivion 3 dans le wetr a donné une nouvelle galerie noyée reliant le gouffre 3 au gouffre 4. La taille importante de ces galeries, incite a trouver plus en amont, vers les éoliennes la riviere qui les alimente. Une petite grotte sur le chemin des éoliennes, montre qu’il existe effectivement une fracturation importante mais sans atteindre le conduit principal.

Dans le Gaica, 2 petites grottes de la tribu de qanono, dont l’une montre une fréquentation ancienne, qui la encore a cessé brutalement il y a plus de 1000 ans. Ceci se manifeste par la taille des stalagmites qui ont poussées sur les dépots de charbon de torche. Une datation par un archéologue serait indispensable pour mieux connaitre le passé de Lifou.

Aujourd’hui, je connais 95 grottes et trou d’eau à Lifou pour un développement total de 55552 metres dont 8670 mètres de trou d’eau et rivières souterraines. Hnanawae à wedrumel reste la plus grande du territoire avec 11410 mèttres de développement, suivie d’Athépé sur Jila, kumo et Xepenehe qui atteint 9811 mètres de galeries et salles immenses, puis jintresij et ses 5280 mètres, et la deuxième riviere souterraine de lifou. Hnatresij a la plus grande rivière souterraine avec une longueur de 2330 mètres. Ces chiffres sont indicatifs et ne représentent pas le volume des grottes de lifou car une galerie de 30 mètres de large ou un boyau de 50 cm de diametres seront mesurés par leur seule longueur.

Il y a sans doute beaucoup plus a découvrir car certaine tribu n’ont pas encore été prospectée. Des gouffres visibles d’avion comme à Siloam ou Hnamane n’ont pas été explorés malgré leur intérêt dans l’attente d’autorisations coutumières.

Il est aujourd’hui certain que la mise en commun de toutes ces explorations, l’étude plus approfondie par des spécialistes donnerait une information importante pour la connaissance de Lifou, de son histoire, de son hydrologie, de sa fragilité vis a vis de l’eau potable entre autre. Les vieux s’éloignent et la mémoires des grottes et des trous d’eau disparait peu à peu. Il faudrait qu’un recensement des entrées se fasse aujourd’hui  sous l’autorité du conseil d’aire N’Drehu  afin qu’une exploration méthodique puisse ensuite être réalisée lorsque les terriens en seront d’accord.

Il reste aussi a faire connaitre ce travail vers la population, la province et l’ensemble des calédoniens.

Cette expédition spéléologique du club AVENS était agréée par la Fédération Française de Spéléologie et aidée par le Comité Spéléologique d’Ile de France et mon club de plongée Akawan.

Philippe

Taurus Express 2019

L’expédition « Taurus Express 2019 » s’est déroulée du samedi 3 aout au dimanche 18 aout 2019. Elle fait suite aux expéditions de 2007 et de 2016 sur le massif du Taurus (Turquie, province d’Antalaya, proche de la ville de Gundogmus). L’organisation générale a été pilotée par Arnauld Malard et Clément Loiseaux (association Continent 8), assisté lors de la première semaine par Ali Yamaç (spéléologue turc membre du club OBRUK).

Cette année, les secteurs de prospections se sont essentiellement concentrés sur des altitudes comprises entre 1500 et 2000 m ceci afin de tenter d’éviter les bouchons de neige ayant stoppé les précédentes expéditions entre 2000 et 2500 m.

En termes de participants, 11 français ont répondu à l’appel (5 « vieux » trentenaires et 6 jeunes issu de la Co J, moyenne d’âge 25 ans). A cette équipe c’est greffée 9 spéléos turcs (club OBRUK) ainsi que 4 israéliens. Au plus fort de l’expédition, nous nous sommes donc retrouvés à 25 sur le massif du Taurus. La logistique a été organisée sur place grâce à l’appui de Ali Yamaç (déjà présent en 2016). La météo nous a obligé à changer de bivouac lors de la première semaine (vents forts, pluies et grêles) et a eu pour conséquence de faire exploser les tentes de nos amis turcs. De ce fait, ils ont décidé de rentrer faute de pouvoir bivouaquer dans des conditions normales. Nos amis israéliens sont quant à eux partis après une semaine de riches échanges spéléologiques et amicaux (impératifs de retour). La seconde semaine a donc vu une équipe uniquement composée de français sur le massif.

Au niveau des résultats, 74 cavités ont été découvertes et explorées durant l’expédition. Seule une cavité dépasse les 100 m de profondeur (scialet des Doubistes, -107 présentant un très beau P55). La majeure partie des gouffres trouvés sont de type puits à neige d’une profondeur comprise entre 20 et 60 m et présentant très peu de développement. La configuration des gouffres fait qu’il est possible de pratiquement tout équiper sur coinceurs ou amarrages naturels et donc de pouvoir gagner du temps sur l’amené- repli de l’équipement

Un autre objectif de l’expédition 2019 était de revoir deux cavités prometteuses découvertes en 2016 (gouffre du Belge Blasé et la Crazy Guy cave). Ces deux cavités nous ont apportées quelques surprises ! Pour le gouffre du Belge Blasé, les coordonnées enregistrées en 2016 se sont avérées erronées. Plusieurs journées ont ainsi été perdues dans la recherche désespérée de ce -200 en arrêt sur rien… Au final, cette cavité n’a pas été retrouvée… En ce qui concerne le second gouffre (the Crazy Guy Cave), nous avons échappé de très peu à un grave accident. Le gouffre en question a été retrouvé et descendu le premier jour de l’expé. Malheureusement, il est en arrêt sur ours !!! Lors de son exploration, Alexandre Honiat a découvert la suite du gouffre et s’est arrêté dans une salle dans laquelle il s’est fait attaquer par un ours brun adulte. Après plusieurs péripéties, Alex a pu s’extirper du gouffre en abandonnant derrière lui l’ours ainsi que du matériel d’exploration (perfo, cordes, amarrages, etc…). Bilan de l’opération pour Alex, une entorse au genou ainsi que des entorses à chaque cheville, une combi arrachée au niveau du tibia, une blessure à la cuisse et une très grosse frayeur. Notre survivant a été emmené à l’hopital de Manavgat le lendemain et a par la suite passé les 13 jours restant en béquille… Malgré tout, plus de peur que de mal …!!! En raison de cette expérience, le gouffre a été rebaptisé The Crazy Bear Cave (et Alex a un nouveau surnom également…).

Au vu des résultats mitigés, une certaine frustration a émané du groupe lors de ces 15 jours. Cet état d’esprit a été amplifié par l’incident de l’ours dans la Crazy Guy cave. Egalement, il est important de souligner la disparité de niveau entre l’équipe française et l’équipe turc. Dans cette optique, nous avons envisagé l’idée d’un stage perf allié à l’utilisation de matériel « léger » à nos amis turcs. Pour ce qui correspond à la continuation des explorations sur le massif, le sujet est en cours de discussion au sein de l’équipe pour savoir si l’association Continent 8 est motivée pour y repartir. Malgré tout, le massif du Taurus est un très beau terrain de jeu dans lequel aucun gouffre majeur n’a encore été officiellement découvert.

Arnauld, Clément & toute l’équipe Te2019

https://taurusexpress2019.home.blog/

 

Expé Taurus 2019

Départ prochain de l’expé Taurus 2019 qui se déroulera du 3 au 18 aout dans les montagnes du Taurus occidental à l’Est d’Antalya.

Cette expédition est parrainée par la CREI et conduite sur place par Clément Loiseaux (Continent 8) et Ali Yamaç (OBRUK).

11 participants français prennent part à l’expédition, principalement des jeunes (de 19 à 38 ans, moyenne d’âge 25 ans). 7 participants turcs complètent l’effectif (groupe d’exploration OBRUK).

Les objectifs sont de continuer les explos à la suite de l’expé Taurus 2016 (deux cavités arrêt sur rien, resp. à -80 et à -220m) et de retourner aussi sur les zones de l’expé Yoruk 91. Les autorisations d’exploration sur le massif ont été obtenues via le ministère et nous avons l’appui direct du gouverneur local de la province de Gundogmus depuis 15 jours.

L’expé s’inscrit dans le cadre de l’Association Continent 8, partenaire FFS. Elle est aussi soutenue par les CDS01, 25, 46, 65, le CSR O, les clubs Ragaï, SNPA et EPIA.

Ils embarquent 130 kg de matériel collectif, dont 1200 m de cordes, 80 amarrages, des tonnes de goujons, dyneema et coinceurs.

Les infos sont disponibles sur le site  https://taurusexpress2019.home.blog/

Des mises à jour sont prévus pendant l’expédition pour suivre nos explos.

Expédition Khammouane 2019 (Laos)

   Du 22 février au 16 mars, dix membres de l’association Explo-Laos (Alexis Augustin, Terry Bolger, Didier Gignoux, Basile Gignoux, Aude Hourtal, Bernard Lips, Josiane Lips, Benoit Martinez, Jean-Michel Ostermann, Daniel Pioch) ont poursuivi les explorations dans l’aire naturelle protégée de Hin Nam No, à la demande de ses gestionnaires, et avec l’appui logistique de GIZ (Ministère Allemand de la coopération).

Les explorations se sont déroulées dans les zones de Ban Tang, puis Ban Nong Ping. Une troisième semaine a été consacrée à rétablir des contacts sur la vallée de la Nam Hin Boun précédemment explorée, et à poursuivre les investigations dans la province de Salavanne (Tham Din).

Dans la région de Ban Tang au nord de l’aire naturelle, poursuivant les explorations de K16 et K18, 12 cavités ont été visitées, dont Tham Kway (belle cavité passée de 1.000 à 2.443 m), Tham Saphong (passée de 445 m à 558 m) ; une zone karstique près de la frontière vietnamienne a été reconnue (plusieurs exsurgences impénétrables, courant d’air). Plusieurs autres cavités d’intérêt limité ont été explorée sur indication des villageois. L’accès au grand poljé au nord de la zone a été reconnu pour de futures prospections.

Dans la région de Ban Nong Ping, 8 cavités situées en aval de l’exsurgence ont été explorées dont Tham Hoï (650 m), Tham Yeung (791 m) et Tham Khiewkout (140 m) ; un raid de deux jours dans le poljé en amont de l’exsurgence de la Xé Bang Faï a permis un nouvel accès à l’immense rivière souterraine (Tham Kuan Kiew : dvt 603 m, dén – 149m) via une grande salle concrétionnée dont l’entrée est située à mi- pente (altitude 345 m), avec très fort courant d’air; par contre le puits soufflant Hou Inkeo, repéré à la fin de K18, n’a pas débouché sur des galeries pénétrables (dvt 150 m, dén – 50 m).

L’expédition K19 a permis de lever la plupart des points d’interrogation laissés au cours de K18 (hors siphons), et de topographier 4800 m de galeries nouvelles.

Durant toutes les explorations, un important matériel biologique a été recueilli, et permettra certainement encore la découverte de nouvelles espèces comme en 2016.

Dans la province de Salavanne, en troisième semaine (écourtée pour cause de problème avec le véhicule 4×4 loué), l’équipe réduite à 5 participants a été très bien accueillie par les autorités locales au plus haut niveau (Gouverneur). La recherche de nouvelles entrées du réseau Tham Din (découvert au cours des deux précédentes expéditions, maintenant ouverte au public) n’a pas donné de résultat, mais une perte a été repérée en fin d’expédition. Des escalades (~ 80 m) ont confirmé la présence d’un réseau fossile
(exploration à venir… ).

Des contacts fructueux ont été pris afin de permettre la poursuite des explorations dans le Khammouane, ainsi que pour le stockage du matériel laissé sur place.