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Expédition Cerro Rabón 2020

Coucher de soleil sur la montagne du Cerro Rabón (photo Diego Sanz)

Rentrés in extremis avant le début du confinement, c’était au milieu de la jungle mexicaine, qu’avait décidé de s’isoler une équipe de spéléos franco-helvético-italiano-américaine afin d’explorer le massif du Cerro Rabón (Etat d’Oaxaca au centre du Mexique). L’expédition s’est déroulée du 15 février au 13 mars 2020 et a rassemblé au total 19 spéléologues. L’objectif principal était de reprendre les explorations dans le système du Kijahe Xontjoa, un réseau karstique de grande ampleur dont les explorations, menées depuis les années 1980 et jusque dans les années 2000, ont déjà permis de découvrir ~30km de réseau pour ~1200m de profondeur. Le gouffre de Hard Rock, déjà en partie exploré, semblait être un accès plus direct au fond du système et c’est donc là que ce sont tout d’abord concentrés nos efforts pour permettre la jonction de cette cavité avec le reste du réseau du Kijahe Xontoja. 3 personnes ont été mobilisées sur 2 jours pour retrouver l’entrée de la cavité du Hard Rock et surtout pour tailler un chemin d’accès à travers la végétation tropicale afin de gravir les 300m de dénivelé et les 2,5km qui séparent le gouffre du camp de base. Un gros travail de rééquipement de la cavité a ensuite été nécessaire, et s’est vu perturbé par deux contraintes, une étroiture à -200m qui a fortement réduit les effectifs pour la suite de l’exploration et une météo très pluvieuse la première semaine du camp, freinant les descentes dans cette cavité. En effet, de nombreux puits, dont certains dépassent 150m de profondeur, sont parfois fortement arrosés. Plusieurs pointes ont permis d’une part la jonction de Hard Rock cave avec le système du Kijahe Xontoja vers –920m et d’autre part l’exploration de nouvelles galeries vers -650m. Face à une météo capricieuse et un temps restant limité, seule une pointe de 3 jours, réalisée par des suisses et des italiens, a permis de descendre au fond du Kijahe Xontoja afin d’évaluer les chances de poursuite du réseau. Au cours de cette expédition, 2,5km ont été rajoutés au réseau du Kijahe Xontoja qui atteint à ce jour un développement de 34,9km et une profondeur de 1206m.

Prospection par jour de beau temps dans la forêt mexicaine (photo Diego Sanz)

Dans le même temps, une autre cavité, Nita Nanga, s’ouvrant à proximité d’Hard Rock, a été explorée jusqu’à -250m présentant une succession de puits parallèles à ceux d’Hard Rock sans pour autant les rejoindre.

Parallèlement, une prospection a été initiée dans une grande doline située au-dessus du fond du réseau du Kijahe Xontojoa, moins loin du camp de base et moins haut en altitude. Bien que l’accès de cette zone soit relativement facile, la progression dans la doline en elle-même est difficile de part la densité de végétation dans la jungle et le relief karstique chaotique. Les signaux GPS se perdaient et nous avions alors recours aux levés topographiques de surface pour nous repérer. Les cavités explorées dans cette zone ne dépassent guère 100m pour l’instant, mais nos espoirs demeurent sur d’autres entrées repérées et encore non explorées, faute de temps.

D’autres secteurs ont également fait l’objet de prospections pour ouvrir de nouvelles zones d’exploration. La progression dans la jungle n’est pas toujours aisée. Il faut parfois jusqu’à 2h30 pour avancer de… 150m… Plusieurs cavités ont été repérées, quelques unes explorées dont la plus profonde, le gouffre de Crêtes, atteint -190m dans des volumes importants sans avoir pu être intégralement explorée, par manque de temps, et qui reste un objectif prometteur.

Exploration dans la cavité Nita Nanga, nom mazatec signifiant la « grotte du papillon » (photo Diego Sanz)

Suite à cette expédition 2020, la liste des cavités du Cerro Rabón s’enrichit donc 22 nouvelles cavités recensant ainsi un total de 180 cavités dont certaines offrent de belles perspectives d’exploration pour les prochaines expéditions. Au-delà du bilan spéléologique, l’expédition Cerro Rabón 2020 fut aussi une belle expérience humaine riche d’échanges linguistiques et philosophiques entre des spéléos venant de divers horizons, riche en partages avec les locaux, et (très) riche en tortillas et en chocolat (merci aux suisses !).

Cette expédition fut le fruit d’une collaboration entre membres de plusieurs fédérations de spéléologie européennes : FFS, SSS et SSI. Nous remercions ici particulièrement la Fédération Française de Spéléologie pour le parrainage de cette expédition par l’intermédiaire de la CREI.

Amandine Laborde, pour la team Cerro Rabón 2020.

 

Chinexplos, expédition spéléologique 2019 Guizhou & Guangxi (suite)

Le premier post faisant état de nos 1ères découvertes dans la province de Guizhou. Nous nous situions au sud-ouest de Pintang, autour de la ville de Tangbian. Les derniers jours ont été particulièrement  féconds puisque nous totalisons sur cette zone plus de 40 cavités explorées et 12,7 km de réseaux topographiés. Un 2nd tiankeng, Dinaotiankeng profond de 182m, a été exploré et nous a permis d’accéder à un réseau avec de très larges galeries avec 2,5 km de développement contrairement au 1er, Daoduotiankeng, qui était beaucoup plus profond 362 m mais sans développement à sa base. Ces phénomènes géologiques existant essentiellement en Chine ont suscité beaucoup d’intérêt pour la majeure partie de l’équipe (Ah le bonheur d’équiper avec 200m sous les pieds…).

A l’issue de 2 semaines sur cette zone, les bagages ont été refaits pour rejoindre le nord du Guangxi, où nous étions invités par les autorités locales. Le rayonnement de l’équipe s’est organisé autour de la ville de Donglan. Bien que plus au sud, la météo était moins engageante et il a régné tout au long de cette semaine une sorte de brume rendant l’atmosphère humide. Malgré cet aléa, nous avons pu poursuivre les travaux d’exploration déjà entamés par les japonais, italiens et français.

Outre la topographie partielle d’un ouvrage artificiel traversant le karst par 2 tunnels de plus de 10 km, 17 cavités dont 2 nouveaux tiankengs, qui offrent respectivement 200 et 154 m de profondeur, ont été topographiés. Chaque équipe était accompagnée quotidiennement par des spéléos chinois et une équipe de journalistes. Les échanges étaient nombreux, malgré la barrière de la langue, et ont permis une véritable coopération. L’hébergement hôtelier, nous a permis d’avoir un confort non négligeable notamment pour nos temps de réunion en fin de journée. Sur ces 5 jours, le total topographié atteint les 6,8 km. La semaine s’est conclue par une conférence de presse et diverses interviews.

Chacun est reparti avec son lot de topos a reporter sur Illustrator, et autre travaux pour la rédaction du rapport final. Nous continuons pour le moment à rêver de galeries géantes et de tiankeng immenses qu’on garde dans les yeux en attendant la prochaine expé.

Les participants de l’expédition remercient la FFS et la FSE pour leur soutien ainsi que l’Institut of Mountain Resources (Guizhou) et le xian de Donglan (Guangxi) pour leur invitation.

Les participants : FFS tous secteurs : Philippe Auriol, Jean Camplo, Christian Delaire, Jean- François Fabriol, Florence Guillot (resp.), Kévin Hocdé, Michel Isnard, Denis Langlois, Didier Lescure, Véronique Olivier, Christophe Verdet, Nathalie Verdier, Emmanuel Vitte, FFS secteur de Donglan : Jean Bottazzi, USB (Belgique) tous secteurs : Jean-Pierre Bartholeyns, Chine secteur de Pintang : Li Po, He Wei, Qunan Zhi, Xiang Hong, Thian Mao Gang, Zhang Kai Qi, Luo Hui, Yaosen Wang, Chine secteur de Donglan : Chen Li Xin, Hu Zhen Xiong, Vlu Hong Ying, Wang Hong, Li Zun, Xiang Hang, Zheng Min et Li Bin.

https://china.explos.org/category/journalier/

 

Expé Taurus 2019

Départ prochain de l’expé Taurus 2019 qui se déroulera du 3 au 18 aout dans les montagnes du Taurus occidental à l’Est d’Antalya.

Cette expédition est parrainée par la CREI et conduite sur place par Clément Loiseaux (Continent 8) et Ali Yamaç (OBRUK).

11 participants français prennent part à l’expédition, principalement des jeunes (de 19 à 38 ans, moyenne d’âge 25 ans). 7 participants turcs complètent l’effectif (groupe d’exploration OBRUK).

Les objectifs sont de continuer les explos à la suite de l’expé Taurus 2016 (deux cavités arrêt sur rien, resp. à -80 et à -220m) et de retourner aussi sur les zones de l’expé Yoruk 91. Les autorisations d’exploration sur le massif ont été obtenues via le ministère et nous avons l’appui direct du gouverneur local de la province de Gundogmus depuis 15 jours.

L’expé s’inscrit dans le cadre de l’Association Continent 8, partenaire FFS. Elle est aussi soutenue par les CDS01, 25, 46, 65, le CSR O, les clubs Ragaï, SNPA et EPIA.

Ils embarquent 130 kg de matériel collectif, dont 1200 m de cordes, 80 amarrages, des tonnes de goujons, dyneema et coinceurs.

Les infos sont disponibles sur le site  https://taurusexpress2019.home.blog/

Des mises à jour sont prévus pendant l’expédition pour suivre nos explos.

Expédition Boy Bulok 2018 – Ousbékistan

29 Juillet au 20 aout 2018

Le projet 2018 avait pour but de réaliser la jonction entre deux cavités du massif du Schulbair: le gouffre mythique de Boy Bulok (1450m de dénivelé) découvert et exploré jusqu’à son terminus dans les années 80 et le gouffre de Vishnevskii exploré actuellement jusqu’à -750 m. Du fait des profondeurs et des différences d’altitudes des entrées (2650 m pour Boy-Bulok et 3500 m pour Vishnevskii ), la jonction aurait porté le dénivelé du système à 2150 m environ, soit le troisième gouffre le plus profond au monde !

L’expédition se composait de 24 participants, treize Russes du groupement CGC (Sud-Oural), huit Français et trois Suisses de l’association Continent 8.

Pendant trois semaines, nous avons poussé les explorations en nous concentrant sur 4 objectifs:

  • Remonter l’affluent de -560 m dans la rivière de Boy-Bulok. Cet affluent serait en effet une des arrivées possibles du gouffre de Veschnevkii
  • Poursuivre les explorations dans les amonts de Boy-Bulok (cote +250 m) pour tenter une sortie en falaise vers 3500 m d’altitude
  • Poursuivre les explorations au fond du gouffre de Vishnevskii (cote actuelle -750 m) en direction de Boy-Bulok
  • Poursuivre les explorations des affluents de la rivière de Vishnevskii à la cote -400 pour trouver éventuellement d’autres rivières qui se développeraient en direction de Boy-Bulok

Au final la jonction entre les deux gouffres n’a pas été établie, mais les résultats de l’expédition sont encourageants:

  • Le gouffre de Boy-Bulok a été entièrement rééquipé jusqu’à la côte de -500 m. En effet certains des équipements en place – pour ne pas dire tous – dataient des années 1980.
  • A Boy-Bulok, dans l’affluent de -560 m, les escalades ont buté sur des méandres impénétrables.
  • Dans la partie amont de Boy-Bulok, un bivouac de 10 jours et une centaine de tirs ont permis de remonter 300 à 400 m de méandres en direction de la falaise
  • Au fond de Vishnevskii , tous les passages ont été fouillés systématiquement lors d’un bivouac de cinq jours. Plus de 700 m de topographie ont été levés dans cette partie. L’exploration est en arrêt sur rien dans un affluent rive gauche qui part en direction de Boy-Bulok sur 300 à 400 m.
  • Au bivouac 1 de Vishnevskii (cote -400 m), deux équipes se sont succédés sur une période de deux fois cinq jours et ont pu progresser dans trois affluents. Ils totalisent environ 700 à 800 m de première.

Au total, nous avons réalisé 4,5 km de topographie dont 2 km de nouvelles galeries, principalement dans le gouffre de Veschnevkii.

Les gouffres de cette région sont particulièrement exigeants: longs, froids, hauts en altitude, étroits, marche d’approche importante, etc. La progression y est lente et difficile en raison du poids des sacs (8h pour atteindre le fond de Vishnevskii sans kits, 14h avec un kit à bout de bras!…) et des accès souvent délicats (l’entrée de Vishnevskii s’ouvre dans une falaise à pic de 300 m).

A ces conditions s’ajoutent aussi les difficultés géopolitiques et les trafics de stupéfiants. Entre la fin des années 1990 et la fin des années 2000, les autorisations d’exploration ont été suspendues du fait de la présence américaine qui utilisait le sud de l’Ouzbékistan pour mener les raids en Afghanistan.

Enfin, il faut aussi prendre en compte l’éloignement de la zone. Depuis Tashkent, il faut compter 12 h de transport jusqu’à Boysun (train ou bus), 4 h de camion à 6 roues motrices pour rejoindre Dehibolo et 7 h de marche d’approche pour accéder au camp de base à 3000 m d’altitude.

Par conséquent, peu de gens vont la-bas; et à l’exception d’un certain “Jérome Dupuis” qui serait venu sur le camp en 1994, nous sommes manifestement les seuls francophones à avoir mis les pieds sur le massif !

Le réseau Suiyang Shuanghedong en Chine (Guizhou) devient le plus long d’Asie

Le 24/03/2018, pendant l’expédition Shuanghe et Pingtang 2018, une conférence de presse a été organisée à Shuanghe.

Galerie de Longtanze
Crédit Christian Delaire – Amandine Laborde

Le réseau souterrain de Suiyang Shuanghedong a été officiellement annoncé comme le plus long d’Asie en développement topographié avec 238479 m, ce qui le place au sixième rang mondial.

La présentation de la conférence de presse 

 

Expédition Shuanghe l’Internationale 2017

Contexte

Cette expédition s’inscrit dans la continuité des expéditions spéléologiques Françaises en Chine depuis 1986, en particulier l’expédition de 2001 qui nous fait découvrir le potentiel karstique autour de la rivière Shuanghe et l’expédition de 2003 qui révèle l’existence de la plus longue grotte de Chine, Shuanghedong, 54 km de développement. Nous poursuivons chaque année l’exploration de ce réseau avec l’aide du GKREDRC, le bureau du tourisme du comté de Suiyang et plus récemment par la société de développement du tourisme de la grotte Shuanghedong. Nous sommes invités par le Géoparc National de Suiyang Shuanghedong à faire une expédition importante à caractère international pour promouvoir le site touristique récemment achevé et poursuivre l’exploration du réseau. Nos activités seront suivies par les médias avec un projet de reportage de 90 minutes. Un stage de formation est également au programme, comme chaque année.

Déroulement 

Nous sommes 22 à participer à cette expédition, 6 nationalités, Français, Jean Bottazzi, Éric Sanson, Bruno Hugon, Jean-François Fabriol, Sebastien Béguier, Éric David, Emmanuel Vitte, Cécile Pacaut, Charles Buttin, Guy Pesenti, , Bruno Schlosser, Patrick Letournel, Marc Seclier, Éric Lecuyer, Portugais, Carlos Placido, Québécois, Marc Tremblay, Jessica Morin-Buote, Suisse, Marcel Guenot, Japonais, Goto Satoshi, Hayate Kimura, Honoka Nishikido, et Chinois, 赵飞Zhao Fei (Xiao Hei Ma).

A : Zone de Shuanghedong, du 11 au 25 avril 2017 (11 332 m topographiés en 15 jours)

Le développement touristique de cette zone a explosé sous l’impulsion d’une société privée en charge des aménagements. Il y a maintenant un parc à touriste desservit par des voitures électriques, une grotte visitable en deux heures et une urbanisation galopante. Ce développement s’accompagne de tous les bons et mauvais cotés que l’on peut imaginer.

Faits marquants

Les découvertes du réseau principal demandent un travail croissant chaque année, mais nous arriverons tout de même à rajouter 5882 m au réseau de Shuanghedong, auquel il faut rajouter les explorations de Jean lorsque nous ne sommes pas là, ce qui nous donne un total de 200,427 km de développement. Shuanghedong est la deuxième plus longue grotte d’Asie et se situe dans le top10 mondial.

L’exploration de la perte amont majeure de la zone, Duiwodong a fortement progressée, 2445 m de neuf pour un total de 5257 m. Nous avons un bon espoir de pouvoir la jonctionner avec le reste du réseau.

L’exploration de Qinganglinfengdong a été poursuivie, rajoutant une partie incroyablement compliquée et permettant une jonction avec le réseau après 410 m de dénivelé.

La grotte Huotougoudafengdong passe de 725 m à 2299 m.

La grotte Jiangjiaowandafengdong passe de 85 m à 782 m.

Une nouvelle grotte Zhaonichidaxiaokeng fait aujourd’hui 1015 m

Sur l’autre versant du massif, la perte à fort débit de Shuidong a été explorée sur 420 m. Elle rejoint la grotte de Dadong remarquable pour son immense porche d’entrée, constituant un réseau de 3399 m qui est hélas bloqué sur l’aval par un siphon. Elle a permis de fournir de très belles images à la TV qui nous a prêté des Gopros pour l’occasion.

D’autres cavités mineures ont été explorées, il y a actuellement 250 entrées connues sur le massif, le réseau de Shuanghedong à 46 entrées au total dont trois ajoutées lors de cette expédition.

Parallèlement nous avons formé 10 stagiaires aux bases de la spéléologie pendant cinq jours.

B : Zone de Fuyan, du 26 au 28 avril 2017 (3547 m topographiés en deux jours et demi)

Avec une équipe réduite à 9 personnes, nous revenons sur cette zone après de longues années d’absence, c’est une zone de toute beauté. Le fort potentiel karstique est sans doute l’un des atouts majeurs pour la création d’un Géoparc et le développement économique de la région.

Nous reprenons l’exploration de Qicaicong, à l’amont du réseau de Fuyan, en rajoutant 1544 m pour un total de 34 919 m. La grotte Shanyangdong fait aujourd’hui 5599 m (1096 m supplémentaire) et la grotte à nitrate Tianshengdang surnommée par nous « Renfougne de la Charogne Putride » est portée à 1546 m (906 m supplémentaire)

Conclusion

Les deux zones explorées montrent toujours leur fort potentiel d’exploration, celle de Shuanghedong demande plus d’engagement car les parties les plus faciles ont été faite depuis longtemps déjà.

Nous avons totalisé 14 879 m de topographie pour 18 jours de terrain.

Nous remercions nos amis chinois pour leur accueil chaleureux et l’intérêt qu’ils portent à nos explorations.