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Expédition nationale spéléologique au Turkménistan : un peu de désob !

L’équipe d’explorateurs français continue à plaider pour explorer le massif du Köytentag et à chaque fois tout semble à refaire. les autorisation sont arrachées au cas par cas mais la confiance s’installe finalement au gré du séjour. Une équipe tombe nez à nez avec un cobra. A la fin du séjour au Turkmenistan, l’équipe se scinde en deux. Une première continue vers l’Ouzbékistan tandis que l’autre regagne la France non sans difficultés étant malade. A lire ci dessous :

Le 1er mai, une équipe retourne à de Géophysicheskaya (ou Gulshirin) pour film, photos et 3D pour compléter la documentation de 2024. Etienne fouille la cavité et retourne aux points d’interrogation de la topo 2024 (escalade à faire).

Geophysikeskaya – Photo Philippe Crochet – modèle Annie Guiraud

Une autre équipe va à Tush Yuruck pour documenter cette cavité riche et variée (formation, concrétionnement, bauge à ours, trace laissées par des hyènes aujourd’hui disparues, outils préhistoriques, …

Tush Yuruk – Photo Philippe Crochet – modèle Annie Guiraud

Le 2 mai, une équipe à Tush Yuruk pour poursuivre la documentation de cette grotte. L’autre équipe en prospection à partir de la crête entre Géophysicheskaya (ou Gulshirin) et Tush Yuruck. En effet, les grottes des chèvres, de Tush Yuruk, de Géophysicheskaya, de Verticalnaya sont alignées avec une altitude proche et diminuant des chèvres vers Verticalnaya, ce qui correspond au pendage. La prospection dans le canyon de Gougourtli permet de découvrir un immense porche (non répertorié par les russes qui n’avaient pas dû prospecter le haut de ce canyon). En face un porche plus petit, mais aussi large témoigne d’un ancien réseau recoupé par le canyon.

L’alignement est parfait, ainsi que l’altitude avec , les grottes des chèvres, de Tush Yuruk, de Géophysicheskaya, de Verticalnaya.

Un grand laminoir (très large) avec des traces de porcs épics est parcouru par un bon courant d’air. Des blocs encombrent le passage. Il faut revenir désobstruer ce passage très prometteur avec des outils. Est-ce un nouveau Géophysicheskaya ? Nous appelons la grotte du nom du canyon : grotte de Gougourtli. Après avoir été en face (cavité bouchée), nous poursuivons la prospection dans l’amont du canyon.

Au retour au campement, l’équipe de Tush Yuruck est bloquée dans Köyteng par la rivière subitement en crue exceptionnelle suite à un orage très violent en amont.

Le 3 mai, c’est dimanche, le camp militaire est fermé. Une équipe part vers le fond de la vallée (grotte des 40 vierges, canyon et empreintes de dinosaures. Une autre équipe monte à pied en prospectant jusqu’à 1400 m d’altitude. Un canyon de 200 m de profondeur barre le chemin du retour envisagé.

Le 4 mai,  l’ensemble de l’équipe va à Tuhs Yuruck.

Le 5 mai, une équipe retourne à Tush Yuruck pour topographier les parcours et bauges de la salle d’entrée et de la partie après le long boyau et faire des relevés 3D. Une équipe partle matin filmer vers le Porche des Chèvres et faire une interview. Après midi descente dans le canyon plus en aval et l’équipe remonte le canyon en amont. Le canyon très encaissé et abrupt se poursuit sur plusieurs km. Une autre équipe descend  au fond du canyon de Bulak Dara sur environ  5km. Certains orifices sont repérés, sans suite évidente.

Le 6 mai, une équipe va à Hoschi Oyuck pour un complément photos et filmer. Une autre équipe retourne à la grotte Gougourtli pour voir la suite entrevue et regarder s’il y a des traces de préhistoire. La suite est étroite et il faut un piochon et un seau.

Une 3e équipe va prospecter  en montagne en montant à 1200 m en 4X4. La piste est impraticable au-delà. Descente dans le canyon. Arrivée sur deux entrées de mines improbables en plein paroi. L’équipe les parcourt en totalité. Mais elles ne débouchent pas sur des cavités.

Le soir nous rencontrons le Pr Knapp et Christian Welscher, qui travaille pour la fondation privée Succow Stiftung qui coordonne le dossier de candidature transfrontalier UNESCO du Köytendag. Hans et Christian nous demandent l’autorisation d’utiliser notre travail pour le rapport de septembre. Elle leur est accordée sans problème car nos objectifs sont communs. Il est toutefois précisé que pour les photos, le copyright doit être systématiquement mentionné (© Ph. Crochet / Expéditions KRAC) ce qui est une évidence à leurs yeux. Ce rapport sera envoyé au KRAC afin que nous en ayons connaissance avant envoi à la commission. A l’issue de la validation de cette deuxième étape, le dossier définitif sera préparé à partir de 2027 et le KRAC y sera associé. La rencontre a été très positive.

Gougourtli – Photo Philippe Crochet

Le 7 mai, une équipe va à la grotte Gougourtl, après s’être arrêté au magasin de bricolage pour acheter seau, piochon et marteau. Une partie de l’équipe lève la topo pendant que l’autre creuse, enlève des blocs une bonne partie de la journée. Mais elle est bloqués par une coulée de calcite difficile à détruire. Le courant d’air est très présent.

Une équipe va à Tush Yuruck. Un cobra de 2m est posté devant l’entrée et se dresse devant les spéléos, puis il rentre dans la grotte. Certains nous rejoignent à la grotte Gougourtl. D’autres vont à Géophysicheskaya.

Le 10 mai, dimanche, pas de camp militaire. De plus il pleut depuis la nuit.

Repos, sauf pour une équipe qui va topographier et documenter la grotte des quarante vierges.

Arrêt au retour pour faire des mesures à la source claire au bas du canyon en amont de Köyteng (conductivité, débit, …). Elle est estimée à 450litres/seconde environ. Elle ne contient pas de gypse.

Le 11 mai, une équipe va à Verticalnaya (P 60 m) pour faire des relevés concernant la momie et les ossements. En fait, elle découvre qu’il y a 3 momies + peut-être les restes d’une autre, et des ossements nombreux d’animaux, dont un cheval. De quelle époque ça date ?

Une autre équipe va à Géophysicheskaya (photos, films, 3D).

Tush Yuruk – Photo Philippe Crochet – modèle Annie Guiraud

une dernière équipe réussit à se faire monter en 4×4 jusqu’à environ 2000 m pour aller voir la grotte figurant sur la carte Russe à la même altitude au sud ouest. Après franchissement pas facile de 2 canyons profonds, elle butte sur un 3ème qu’on remonte sur son bord supérieur en rive droite jusqu’au bas d’un ressaut vertical. On pourrait franchir le cañon à cet endroit mais on doit redescendre.

Lors de cette journée, nous croisons de très près 2 gros serpents de 2m.

Le 12 mai, dernier jour, une équipe à Géophysicheskaya (photos film).

Une autre équipe retourne avec Shaniyaz à Tush Yuruck pour finir les relevés (3D et traces). Le cobra n’est plus là. Ouf ! Une dernière équipe retourne au bas du canyon où sort la source abondante. L’équipe remonte le canyon qui se dirige vers Aribaba, point culminant du massif à 3139 m.

Le 13 mai départ à 8h vers Kerki :

  • 4 prennent le train pour Ashgabat et l’avion pour la France
  • 9 continuent la route jusqu’à Farap, à la frontière du Turkménistan et de l’Ouzbékistan. Après 11h de route arrivée à Boukhara à 19h.

Ensuite direction Samarcande et puis le Köytendag ouzbèke. Pour aller de l’autre côté du massif, le passage de la frontière par Termez étant fermé, au lieu d’une ½ journée, il nous faudra 3 jours !!!

Les 4 rentrés en France ont eu quelques soucis à l’embarquement et Etienne FABRE a été refusé d’embarquer à Istanbul étant malade. 

Il y est encore (depuis le 15 mai à 6 h du matin). Il devrait embarquer pour Toulouse dans 1 h.

Nous avons aussi saisi pendant le séjour la Comed suite à des piqûres de bestioles. Peut-être de tiques qui nous ont fait des grosses tâches bizarres. 

Expédition canyon sur l’île de Sao Tomé : cascades et sensations

14 membres de l’Association AERE se sont dirigés vers l’ile de Sao Tomé, dans le golfe de Guinée, dans le but d’y présenter une nouvelle activité, d’en équiper les cascades, et de former nos guides-fixeurs.
Olivier Courtois, Dominique Courtois, Gérald Drieux, Yvan Schirmer, Jean-Michel Eidenschenck, Floria Drieux, Benjamin Némard, Emmanuel Remund, Julie Boulbes, Sandra Turillon, Pascal Hestin, Sandra Hestin, Sabine Repecaud, Jean-Jacques Membrede.
Cette expédition a obtenu l’agrément de la Fédération Française de Spéléologie et l’aide de notre Comité Départemental Spéléologique d’Alsace. Plusieurs fabricants ou revendeurs de matériels ont également apporté leur contribution :

  • Le fabricant de matériel de canyoning, Tebylon
  • Le fabricant de sacs et sacoches, Bag Bâche
  • Le fabricant Alsafix
  • Le magasin de sport Sport Loisir Équipement, à Belfort
  • Le magasin Canyon Zone
  • L’entreprise alsacienne VOB
  • Le droniste Julien Kloss et son entreprise

    Sur place, nous avons été pris en charge par José Gonçalves, dès notre sortie de l’avion. Il s’agit de notre hébergeur et loueur de véhicules. Wilson Pires, l’un de nos deux guides, est aussi là.


Journalier

Vendredi 17 octobre : toute l’équipe se rend soit en voiture, soit en train, à l’aéroport de Francfort (Allemagne), d’où partira le vol vers Lisbonne (exception faite de deux membres qui partiront de Bâle).

Samedi 18 octobre : via Lisbonne, vol vers Sao Tomé. Départ de Francfort à 6 heures du matin et arrivée le même jour à 19h, heure locale. José nous emmène à notre hôtel et nous offre son pot d’accueil.

Dimanche 19 octobre : l’ensemble des membres part en reconnaissance avec nos guides, Brice et Wilson. Au volant de nos 4×4, nous découvrons plusieurs sites le long de la rivière Abade, les accès amont et aval, les difficultés des pistes défoncées et des sentiers abandonnés.

Lundi 20 octobre : deuxième jour de prospection, en équipe complète, cette fois-ci le long de la rivière Ouro, de ses affluents, de la rivière Gemeas, et de la rivière Manuel Jorge… Que ce soit à pied ou par drone, nous repérons nombre de sites à explorer.

Mardi 21 octobre : deux équipes se dirigent vers le rio Ouro pour y descendre deux des affluents repérés, tout en initiant nos deux guides. L’affluent C34 et C15, dénommés ainsi par la hauteur des deux cascades visibles de la route, puisque ni chemin, ni cours d’eau ne sont représentés sur les cartes !

Mercredi 22 octobre : une équipe se rend à Sao Nicolau, pour descendre un peu moins de deux kilomètres de la rivière Manuel Jorge, alors qu’une seconde équipe démarre plus en aval, pour découvrir elle aussi un peu moins de deux kilomètres de rivière, entre Igreja et Milagrosa. La descente de la cascade touristique de Sao Nicolau est pour notre guide un incroyable défi, qu’il réalise avec une fierté dans le regard d’une immense intensité !

Jeudi 23 octobre : les membres se regroupent pour équiper un affluent du rio Abade, l’affluent C20, puisqu’une nouvelle fois, aucune rivière ne figure sur la carte.

Vendredi 24 octobre : prospection vers Angolares, pour y recenser Angolares, Angular, Nazares, Contador… et nombre d’affluents plus ou moins intéressants.

Samedi 25 octobre : une équipe se dirige vers le rio Ouro amont, alors que la seconde part explorer Gemeas. Les accès sont toujours compliqués, même si pour Gemeas, nous atteignons le point souhaité sans aucune erreur d’itinéraire.

Dimanche 26 octobre : l’équipe au complet se dirige vers ce qui deviendra l’une des perles de l’ile en matière de canyonisme, engagé, inquiétant, très aquatique, mais de toute beauté, le canyon de Gruta Morsego, « la grotte des chauves-souris » !

Lundi 27 octobre : une équipe se rend à Angolares, et la seconde à Angular. Au bas de la première cascade d’Angolares, l’équipe 1 se fait surprendre par une crue l’obligeant à quitter le cours d’eau, alors que la seconde, à la fin de la partie verticale, subit une brusque montée des eaux, la rivière passant en moins d’une minute de 40 litres/seconde à plusieurs mètres cubes ! Une frayeur n’ayant pour conséquence heureusement qu’une perte de matériel !

Mardi 28 octobre : une partie de l’équipe se remet de ses émotions de la veille alors qu’une seconde se rend dans la palmeraie du sud du pays, pour tenter de trouver des accès à la zone souhaitée de bivouac pour le secteur de la rivière Umbugu. Un sentier est trouvé, cependant toutes les rivières et affluents étant en crue, nous renoncerons à ce projet de bivouac.

Mercredi 29 octobre : retour à Angolares, sous le soleil cette fois-ci. Peu avant la fin de nos deux heures de marche d’approche, la pluie arrive. De plus en plus forte, elle nous fait hésiter. La rivière est en crue et nous rebroussons chemin une nouvelle fois. Un vallon parallèle, dont
la rivière ne figure sur la carte, nous permet de poser quelques points et de descendre quelques cascades. En arrivant à l’altitude basse de la grande cascade d’Angolares, nous la rejoignons pour en descendre la suite, puisque les 3⁄4 du débit sont ici captés vers l’unique centrale hydro-électrique de l’ile. La fin de la journée est marquée par une inspection le long d’Angular pour tenter d’y retrouver deux sacs emportés par la crue.

Jeudi 30 octobre : journée tous ensemble à Gue Gue, un site en aval de la rivière Manuel Jorge. L’unique cascade offre une vue parfaite pour y réaliser quelques photos.

Vendredi 31 octobre : alors qu’une bonne partie de l’équipe s’offre une journée de tourisme bien méritée sur l’ile de Rolas, cinq irréductibles se dirigent pour la 4ème fois vers la cascade d’Angolares, croisant les doigts pour que les deux heures de route suivies des deux heures de marche ne soient pas une nouvelle fois faites en vain ! Le soleil nous accompagnera toute la journée ! Nous nous offrons le luxe de poursuivre par le bas de la rivière, en contournant la partie explorée il y a quelques jours. Une petite dizaine de cascades descendues et nous voici devant la porte de notre 4×4.

Samedi 1er novembre : préparation des paquetages pour un retour vers nos foyers, notre vol décollant vers 22 heures. Arrivée le dimanche 2 novembre à Francfort, puis cinq heures de route nous permettent d’être chez nous aux alentours de 21 heures.

15 descentes réalisées

En résumé, ce sont quinze descentes que nous avons pu réaliser, deux guides devenus autonomes si ce n’est dans l’équipement, dans leur descentes et progression sur corde, et surtout, un formidable tissu local qui nous permettra très certainement de revenir mieux préparés, pour une expédition plus ambitieuse !
Nous avons pu constater les difficultés liées à l’absence de carte fiable, où nombre de cours d’eau ne sont pas représentés, où ceux représentés ne sont pas forcément aux bons endroits, où les sentiers sont absents…
Les pistes peuvent être en très mauvais état, parfois on peut les descendre mais pas les remonter !!


Nous avons cartographié, via une application GPS, les itinéraires empruntés, en voiture ou à pied, ainsi que les cours d’eau.
En plus des sponsors et parrainages cités plus haut, l’équipe tient particulièrement à remercier tous nos contributeurs via la plateforme participative, Claude Roux, Myriam Virot, Nicole Bertin, Jean-Pierre Richard, Eric et Elisabeth Drieux, Lydie Drieux, Maëlle Hestin, Marina
Mannarelli, Katia Schutz, Régine Maier, Michel Spenle, Hélène Jakubowski, Hélène Biegel, Nadjib Belaribi, Ambroise-Marc Poudevigne, Françoise Mazard, Audrey Antoine , Lynda Vamparys, Patricia Burget, EZstelle Kieffer, Adélaïde Vendrame, Lionel Montagne, Valérie
Bollecker, Léa Rigard, Xavier Zimmermann, Thomas Janski, Auriane Mentele, Elodie Pierre, Evelyne Boulbes, Mathieu Belon, Charlotte Comparon, Nathalie Melee, Johanne Belon.
Ainsi que les entreprises de « Montagne Passion Itinérance » et « Aventure et Canyon » qui ont mis à disposition de l’expédition un important lot de matériel.

Canyon y Machete Colombie

L’expédition Canyon y Machete a pour objectif l’ouverture de canyons en Colombie. Une première expédition s’est tenue du 15 novembre 2016 au 4 avril 2017. Elle avait pour objectif de développer le canyonisme en Colombie sur différents plans : développement de la pratique du canyonisme, formation en canyonisme et prospections de nouvelles courses. A cette fin, un gros travail de terrain nous a permis d’étudier les régions les plus propices à l‘ouverture de canyons, entre lesquelles : Valle del Cauca, Risaralda, Quindio, Cundinamarca, Meta, Huila et Putumayo. Durant cette expédition nous avons descendus 29 canyons, dont 11 font partie de nos ouvertures. La moitié du pays étant occupée par des massifs montagneux, nous nous sommes rendu compte que le potentiel d’ouverture était aussi grand que notre envie de revenir explorer ces terres.

C’est pourquoi nous organisons rapidement une nouvelle expédition, du 31 octobre au 4 décembre 2017, à laquelle fait partie un troisième canyoneur confirmé : Michael BOUILLOUX. Notre expédition est avant tout une aventure Franco-colombienne. Grâce à notre travail de repérage et à nos nombreuses rencontres et amitiés, nous avons pu cibler sur trois points de chute : en priorité le Nariño. Situé dans le sud du pays, ce département nous avait fait rêver la fois précédente mais des pluies diluviennes nous avaient empêchés d’aller repérer. Pourtant, là où la Cordillère des Andes donne naissance aux trois chaines de montagnes : occidentale, centrale et orientale, le nombre de cascades est inquantifiable ! Une fois satisfaits de notre travail dans le Nariño (2 semaines), nous planifions de retrouver nos amis colombiens dans le département voisin du Putumayo (1 semaine). Enfin, nous avons prévu de constituer une dernière équipe franco-colombienne dans le département de l’Antioquia, à une vingtaine d’heures de bus vers le nord du pays (1 semaine).

Mais arrivés en Colombie, nous devons déjà trouver des solutions de repli, un plan B. Lorsque nous nous dirigeons vers le Sud du pays, par la seule voie desservant Pasto, capitale du Nariño, une révolte de populations indigènes barre la route, empêchant toute circulation vers ce secteur. C’est seulement arrivés à Cali, à presque mi-chemin, que nous apprenons cet évènement. Nous évoquons bien sûr la possibilité d’un transport aérien, en ayant conscience des frais qu’engendreront nos bagages sur un vol interne, mais au même moment une grève des pilotes condamne également cette possibilité.

Nous ne pouvons pas retourner notre itinéraire, car ni nos amis de l’Antioquia, ni nos amis du Putumayo ne sont prêts à nous recevoir si tôt. Il nous faut un plan B… Notre travail précédent nous permet de nous retourner rapidement, et dès le lendemain nous descendons les cascades de tuf de Chicala, dans le département du Tolima, que Jérôme, le 4ème membre de Canyon y Machete, avait ouvert en 2014. Le soir même nous faisons la rencontre de Sigifredo, l’acteur local du développement du canyoning, pour établir un plan d’attaque dans ce secteur improvisé. Sigifredo nous accueille avec toute la gentillesse et la générosité propre aux Colombiens, mais comme nous n’avions pas prévu d’aller dans le T

Canyon de Makuk , Narino

olima, notamment à cause de la météo pluvieuse actuelle, il a été difficile d’organiser des ouvertures : les canyons sont en crue, l’eau ruissèle sur toutes les pentes. Cela dit, nous sommes reconnaissants de ce changement d’itinéraire, qui nous a permis de découvrir l’incroyable vallée du Combeima. C’est la première fois que nous rencontrons, depuis notre découverte de la Colombie, une vallée si propice au développement du canyoning. En logeant dans cette vallée, on peut rayonner en étoile pour descendre les 16 canyons aujourd’hui ouverts. 16 canyons, et on en recense une centaine encore jamais descendus. Pendant que les indigènes barrent notre route, nous profitons de ce temps pour descendre les incontournables classiques de la vallée, non sans émotions car elles sont bien chargées en eau. Nous profitons ainsi des belles descentes de la Honda et de la Plata (partie inf.) tout en rêvant du moment opportun d’ouvrir leur partie supérieure. L’idée nous reste dans un coin de la tête de revenir à la fin du mois, si notre agenda nous le permet. Nous passons le reste de notre temps à marcher en montagne, à repérer de nouveaux projets d’ouverture, si alléchants qu’on peine à quitter cette belle vallée pour reprendre nos projets initiaux. La situation avec les « groupes indigènes » ne s’est pas débloqué, mais nous pouvons contourner le barrage en prenant une route secondaire : « le tremplin de la mort ». Cette longue piste sinueuse nous permet de contourner le blocage en nous faufilant dans la Cordillère des Andes, et en priant pour qu’un des nombreux éboulements de terrain dont souffre cette voie ne se produise pas lors de notre passage.

 

 

Avec ce contre temps, nous avons déjà « perdu » une précieuse semaine d’expédition, et nous savons d’ores-et-déjà que soit l’étape du Putumayo, soit l’étape de l’Antioquia devra être sacrifiée.

Nous sommes accueillis dans la ville d’altitude de Pasto (2250m) par notre ami Colombien Tarik, seul et unique canyoneur du département. Tarik est de bon conseil, il connaît très bien sa région. La fois précédente, de nombreux colombiens nous ont fait rêver en disant que les deux canyons les plus ludiques de la Colombie se trouvaient dans le Nariño. Makuk et Mozamorra ont sculptés des sauts et des toboggans dans une roche ressemblant au granite. Lorsque nous avons vu les images, nous n’avions plus aucune hésitation : c’est exactement le type de canyon que nous cherchons. Et c’est la raison pour laquelle nous sommes venus jusqu’ici. Nous allons donc prospecter dans la région du cañón de Juanambu. D’après nos recherches Google Earth, et les échos que nous avons de cette région, le secteur regorge de canyons.

Pourtant, quand nous arrivons, la première idée qui nous vient en tête est : « Dis donc, c’est vraiment aride par ici ».

Canyon du Barranco, Narino

Après s’être fait cette réflexion, nous passons trois jours à marcher dans la montagne pour vérifier nos projets. Malheureusement, la plupart des canyons potentiels que nous avons pointés sont soit inaccessibles, soient … secs ! Nous dévalons tout de même avec joie les toboggans du canyon de Makuk, l’icône du ludisme en canyoning. Nous ouvrons également deux courses : le canyon sauvage de Las Delicias, avec plusieurs cascades de 30m sculptées dans une belle roche, ainsi qu’une étonnante petite course taillée dans une veine de marbre : le San Pedro. Finalement ça sera tout pour ce secteur.

Nous décidons d’aller prospecter un peu plus loin, dans le secteur de La Cruz, où la cascade de Tajumbina nous fait bien envie. Haute d’une soixantaine de mètres, elle cache en amont une étroiture tout à fait séduisante. Lorsque nous atteignons enfin la convoitée, une pluie battante la met en crue en moins d’une demi-heure. La saison des pluies commence juste dans le Nariño, le moment n’est pas opportun pour ouvrir cet estrecho. Mais il nous laisse plus que rêveur, et il reste dans un coin de notre tête. Nous rebroussons donc chemin, en notant au passage une autre ouverture possible : le grande verticale de San Francisco (200m), précédée également d’un très bel encaissement. Mais nous choisissons de respecter notre agenda et de passer au secteur suivant. Au passage, nous faisons tout de même halte au village de San Pablo, pour ouvrir le canyon de San Pablo qui finit dans le village. Il nous tends les bras. En amont le canyon est taillé dans un joli petit encaissement, permettant quelques sauts et toboggans dans des petites vasques profondes. Puis, arrivés à la plus grande verticale (45m), nous perçons dans une sorte de grès, la roche est très friable, plusieurs goujons ne prennent pas. Nous jouissons toute la descente d’une vue surplombant San Pablo.

Nous arrivons au village sous l’œil ébahit des villageois qui s’accumulent autour de nous alors que nous nous changeons. L’un nous filme, l’autre nous invite à nous changer à l’intérieur, une dame nous offre le café. Dans cette région qui voit si peu d’étrangers, nous paraissons pour des extraterrestres. Et effectivement, cette région a été extrêmement isolée jusqu’à l’année dernière (2016), lorsque les Guérillas, qui sévissaient sans relâche dans la région, ont accepté de rendre leurs armes. Depuis un an seulement, les villageois vivent enfin en sereinement. Je ne peux m’empêcher de penser aux enfants, qui sont venus se prendre en photo avec nous, qui n’avaient encore jamais connu, cette situation de paix. Il y a un an, les villages étaient tellement enclavés que les habitants pouvaient parfois ne jamais en sortir. Ils avaient régulièrement un couvre-feu qui leurs imposait de rentrer chez eux avant 14h. Pourtant, en passant dans ces villages, loin de nous l’idée qu’ils auraient pu être en proie à ces guérillas, tellement nous avons ressenti la gentillesse et la générosité des habitants.

Canyon de Yambinoy, Narino

Avec ces deux futurs projets en tête, nous passons étudier le secteur prévu suivant : la Florida, située au Nord Ouest du volcan de las Galeras. Les deux canyons potentiels que nous visons, le Yambinoy et le Rio Barranco, sont nichés dans les encaissements des contreforts du volcan. Les accès sont relativement aisés, mais leur encaissement et leurs grands bassins versant augmentent sévèrement la notion d’engagement. Lors de nos repérages, nous notons un fort niveau d’eau qui nous laisse dubitatifs. Est-ce que ça passe ? Les chutes d’eau sont puissantes, les vasques sont blanches, et pourtant quelque chose nous dit que c’est bon. Après concertation, nous descendons avec joie l’enchainement du Yambinoy. Son geyser (30m), le rappel de la faille (30m) et le joli saut final de 6m sont les obstacles qui nous ont le plus marqué. A peine sortis, nous trépignons d’impatience pour descendre son voisin le Rio Barranco. Il est plus long, il compte 3 estrechos, et il a encore plus d’eau que le précédent. Que faire ? Nous passons une bonne journée à marcher, à repérer, à collecter le maximum d’informations possibles sur les cartes, dans le paysage, auprès des locaux. Après concertation, nous concluons que ce canyon mérite une ouverture sur au moins deux jours, et impose quelques impondérables côté logistique : bivouac, transport, mules. Nous décidons d’ouvrir le premier estrecho. C’est le seul qui nous permet de réchapper juste après. Nous ferons ainsi mieux connaissance avec le canyon. Le débit approche le mètre cube/seconde, l’estrecho est taillé dans un basalte très sombre. Cette première partie est très courte mais nous mettons quand même 2h pour l’ouvrir, en installant notamment une belle main-courante d’accès à la dernière cascade que nous avions repéré de loin, alors qu’elle jaillissait de l’estrecho en une belle queue de cheval. C’est sûr, il faudra revenir à la saison sèche. Ce canyon a un énorme potentiel, il nous laisse tous les trois rêveurs. Décidément, que de beaux projets repoussés à demain. Mais en venant en Colombie en novembre, nous savions que ce début de saison des pluies pouvait nous faire défaut.

Nous passons donc au 4ème et avant-dernier secteur d’exploration du Nariño : le plateau de Cimarrones, aride, aux canyons taillés dans un granite d’une blancheur pure, nous rappelant presque les belles érosions du Tessin, en Suisse. Le canyon du Rio Salado est un objectif qui tient beaucoup à l’équipe. Les vasques de granite, d’une couleur bleu turquoise, si rares en Colombie, nous mettent l’eau à la bouche. Nous prions pour que les conditions soient réunies pour cette ouverture. Le plateau est assez éloigné. Afin de mettre toutes les chances de notre côté, nous devons demander l’hospitalité à une ferme, située à proximité du canyon. Ce qui nous permettra de nous lever à l’aube le lendemain, et d’attaquer la descente. Le Rio Salado est très encaissé, l’absence de végétation aux alentours et en amont, l’aridité du sol, et la forte inclinaison des pentes, sont autant de facteurs propices à une crue éclair, ce qui serait fatal une fois dans ce canyon encaissé, long de 2500m. Une seule condition sine qua non à l’ouverture : une météo stable. Ce soir nous dormons dans la petite ferme près du canyon. Les propriétaires sont d’une générosité incroyable, ils nous ont accueillis et nourri sans rien attendre en retour, sans même comprendre pourquoi nous voulions tant descendre leur rivière. Il a fait un soleil radieux toute cette journée de repérage, pourvu que demain ce soit pareil.

Membres : Frédéric CHEVALIER, Michael BOUILLOUX, Anaïs BOULAY.

Voir site de l’expédition : https://www.canyonymachete.com/

Plaquettes COMED

La Commission Médicale FFS vient d’éditer neuf plaquettes relatives à la prévention des risques en spéléo : hypothermie, déshydratation, hypoglycémie, épuisement, vaccination, addictions, syndrome du harnais, spéléo-canyon pour tous, et expéditions à l’étranger.

Ce sont des documents particulièrement utiles et synthétiques : connaître le risque, et savoir le gérer s’il se réalise.

Des informations importantes pour tout organisateur et responsable de sorties sous terre.

Chaque fiche est un simple triptyque recto-verso, téléchargeables au format pdf ici :

http://comed.ffspeleo.fr/index.php?page=prevention

Elles devraient être disponibles en version imprimée au congrès FFS début juin.

Le Crac est arrivé !

CaptureLe Crac, c’est quoi ????

L’acronyme de « Compte-Rendu Annuel de la CREI »…

Décrit comme cela, c’est un peu sec et pas attirant. Pourtant, vous trouverez à l’intérieur, plein de comptes-rendus d’expéditions ou de formations !

N’hésitez pas à le télécharger et à le parcourir:

http://crei.ffspeleo.fr/Telechargement/CR-CREI-No23-2014.pdf

Expédition nationale 2015 : les canyons de Nouvelle-Zélande

milford sound

L’expédition AOTEAROA2015 vient de rentrer de Nouvelles Zélande. Après une série d’exploration dans les vallées glaciaires de l’île du Sud, l’équipe a pu descendre de nombreux canyons tous aussi beaux les uns que les autres. Aquatiques, esthétiques, engagés ou paisibles, ils nous ont donné des grands moments d’exploration et de partage.

Gilles (5)

Loin du cliché du kilomètre exploré et descendu ou du canyon le plus gigantesque de l’univers c’est avant tout une histoire de passionnés qui ont découvert des canyons qui devraient faire le bonheur des canyoneurs du monde entier, comme nous avons pu en rencontrer sur place.

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Notre histoire recommencera, toujours en exploration !

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