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Expédition spéléologique nationale Köytendag : l’équipe rentre bredouille d’Ouzbékistan

Au Turkménistan, le 13 mai, l’équipe se scinde en deux, quatre rentrent en France, d’autres passent la frontière pour rejoindre l’Ouzbékistan.

Le 13 mai, arriveront à Samarcande Josiane et Bernard Lips, Jozef Grego et Jean-Philippe Grandcolas.

Jean-Marie Briffon, Antonio Cosentino, Daniel Delon, Claire Falgayrac, Jean-Pierre Gruat, Jean-Paul Hereil et Annie Pederzoli rejoignent Samarcande le 14 mai en soirée. Annie Guiraud et Philippe Crochet font quelques jours de tourisme en Ouzbékistan. Annie P. et Antonio repartiront en Italie le 16 mai.

Le 16 mai, les 9 membres restants embarqueront pour la province de Surkhan Darya, plus au sud que la région prospectée par l’équipe de juillet 2025 (L. Barriquand, P. Auriol, V. Olivier). Ces derniers avaient exploré le secteur de Khatak et répertorié quelques baumes sans réel développement, constatant dépités que la formation des grottes et gouffres n’avaient pas eu lieu là, mis a part la grotte d’Adjina karmar.

Jusqu’au 28 mai, ce sera un ballet incessant de 4×4 et de prospections dans des paysages arides très beaux, la chaleur est supportable, nous sommes en zone montagneuse…

L’équipe scientifique « bio Lips» trouve quelques « bestioles » à déterminer et le slovaque Jozef Grego « spécialiste en escargot » écume les rares sources du secteur !

Nous visitons un site minier, 2 sites à peintures rupestres (chalcolithique : de –3000 à – 2500 : introduction de l’âge du cuivre). De nombreux porches sont repérés et visités, dont 2 en escalade artificielle, sans suite.

Un des nombreux porches prometteurs qui sont malheureusement sans suite.

En conclusion, ce maigre résultat nous confirme que cette zone n’offrira pas le potentiel spéléo espéré ! La grandiose falaise calcaire d’une cinquantaine de kilomètres délimitant Turkménistan et Ouzbékistan, qui en 2019 avait impressionné la petite équipe de reconnaissance, ne serait qu’un « leurre karstique » !

Toutefois comme dit l’expression idiomatique « Ne vendez pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué », un balayage aux drones de cette fantastique falaise pourrait offrir quelques surprises…

Retour en France le 29 mai.

Pour l’équipe du KRAC, Jean-Philippe Grandcolas.

Expédition biospéléologique au Maroc : 7 cavités inventoriées avec un focus sur les araignées

Participants fédérés à la FFS : Bernard Lips, Josiane Lips, Sylvain Lecigne (spécialiste des araignées), Nicolas Hénon (spécialiste des araignées)

Absente : Soumia Moutaouakil a assuré la logistique de l’expédition en nous réservant les divers gîtes durant notre séjour mais n’a pas pu se libérer de ses cours à l’université.

Dates : dimanche 26 avril au jeudi 7 mai 2026

Cette expédition de biospéologie fait suite à plusieurs stages de formation à la biologie souterraine (Tazekka 2018, Agadir 2019), à une première expédition de biospéléologie en 2023, à une expédition dans le RIF avec le SC de Blois en 2024 et à une deuxième expédition de biospéléologie en 2025.

L’ensemble de ces stages et expéditions a impliqué Soumia qui, après soutenance d’une thèse en biologie souterraine, a eu en 2025 un poste d’enseignante-chercheuse à Oujda dans le nord-est du Maroc. Elle n’a malheureusement pas pu se libérer cette année.

Sylvain Lecigne (qui a participé aux deux premières expéditions de biospéléologie en 2023 et 2025 ainsi qu’au camp d’exploration RIF 2024) et Nicolas Hénon sont spécialistes des araignées. Ils assument le travail de détermination des espèces récoltées, soit dans le domaine souterrain, soit sur des sites extérieurs.

Deux notes respectivement de 29 pages et de 186 pages ont déjà été publiées et une troisième note, concernant les récoltes de l’expédition 2025, est en cours de publication.

L’expédition 2026 s’est déroulée dans 3 zones karstiques.

* Les abords de Béni Mellal avec la visite de kef Oularian et de kef Tanzat. Ces cavités correspondent à des gouffres avec des puits d’accès de 8 et 12 m et des profondeurs atteintes de l’ordre de -30 m. Ce sont les deux seules cavités visitées cette année nécessitant de la progression sur corde.

Nous avons été accueillis dans cette zone par Hicham Bouzekraoui, spéléo de Béni Mellal et enseignant à l’université de Béni Mellal ainsi que par d’autres spéléos de la région qui nous ont guidés pour trouver ces 2 cavités explorées assez récemment.

J’en ai profité pour faire une conférence intitulée « La richesse scientifique du monde souterrain » à l’université de Béni Mellal devant une soixantaine d’étudiants

* la région d’Imilchil avec la visite de ghar Akhiam, une magnifique résurgence en zone semi-désertique. Josiane et moi avions visité cette cavité en 1981 lors de notre séjour au Maroc.

* La région d’Azilal et de Ait M’Hamed avec la visite de 4 cavités : ifri Taguelmous, ifri N’Caïd, ifri Touya, ifri N’Igre. Là encore Josiane et moi avions visité et même topographié ces cavités en 1981 à l’exception de ifri N’Igre, explorée en 2006 par une expédition du CDS du Tarn.

Ce sont en définitive 7 cavités qui ont été inventoriées cette année.

Le but principal était la recherche d’araignées, qui seront étudiées par Sylvain et Nicolas, mais également de l’ensemble de la faune souterraine.

Les cavités visitées cette année étaient cependant essentiellement des résurgences et des mises en charge importantes ont eu lieu cet hiver du fait d’une pluviosité exceptionnelle, laissant un dépôt boueux sur le sol. Nous étions par ailleurs dans des zones d’altitude élevée (en général à plus de 2000 m). Enfin, dans toutes ces cavités, les premières vasques profondes se situent proches ou assez proches des entrées et nous n’avons, en général, parcouru que les 50 ou 100 premiers mètres dans chaque cavité.

Ces considérations expliquent que la faune souterraine s’est révélée beaucoup plus pauvre que lors des deux premières expéditions.

Tout comme en 2023 et en 2025, nous avons également recherché des araignées sur au-moins une quarantaine de sites extérieurs. Ces récoltes ont été particulièrement fructueuse cette année grâce à l’utilisation par Nicolas d’un aspirateur avec moteur thermique (Dvac). Tout comme les précédentes, cette expédition permettra de mettre en évidence de nouvelles espèces d’araignées et de toute manière de fournir des informations sur la répartition, la phénologie et l’écologie des diverses espèces échantillonnées.

Expédition spéléologique dans le rif marocain : l’inventaire de la faune cavernicole se poursuit

L’expédition franco-marocaine se nomme Talassemtane – Rif 2025 et elle s’est déroulée du 11 au 23 aout 2025. L’exploration se situe dans la province de Chaouene, Dorsale calcaire du Rif, massif du Lakraa-Tissouka

Depuis 2022 les découvertes se succèdent dans le Rif (Dorsale calcaire – Province de Chaouene). Les pompages pour l’irrigation ont permis de progresser dans le Kef Ansar Tinioune, qui atteint 2018 m de développement (-9, +31), le déboisement (toujours pour la culture du
cannabis) a permis à des spéléos de Chaouene de découvrir le Kef radâa (développement 4244 m, -17, +46).
Si l’on ajoute quelques cavités moins importantes, cela représente 5 840 topographiés, plus de 6 km explorés.

Une équipe pluridisciplinaire


Le premier siphon du Kef Bradâa a été franchi en 2024 (100m, -18), arrêt sur un S2 dont la plongée est prévue pour 2026. Un premier réseau supérieur a été exploré, cette cavité est loin d’être terminée.
Les expéditions ont réuni des équipes françaises (Spéléo Club de Blois, Spéléo Club de Touraine, Groupe Spéléologique Vulcains, individuels et marocaines : clubs de Chaouene, Marrakech, Casablanca, Taza), au total 15 spéléos français et 7 marocains.


Elles ont permis de poursuivre l’inventaire de la faune souterraine de la région grâce à la présence de biologistes : Sylvain LECIGNE (arachnologue), Soumia El MOUTAOUKIL (biologiste marocaine), Bernard LIPS et Josiane LIPS (membres du GEB).
Une nouvelle expédition est prévue en 2026.

Six cavités nouvelles

L’expédition avait pour but la reconnaissance de zones nouvelles ou peu explorées. Il n’a pas été possible de réaliser tous nos objectifs en raison des difficultés d’accès et des temps de parcours dus à l’état des pistes.

Néanmoins 6 cavités nouvelles ont été répertoriées et topographiées, pour un total de 362 m dans l’état actuel des reports.


A noter qu’une équipe régionale marocaine (Clubs de Chaouene et de Tetouan) est parvenue à faire l’exploration du Kef Toghobeit (-722) en totale autonomie début octobre 2025.